Contre la pauvreté, pas de « baguette magique » mais des « mesures de bon sens » (Dubos)

PARIS, 12 septembre 2019 (AFP) – Le gouvernement « n’a pas de baguette magique » pour résorber la pauvreté, mais déploie des « mesures de bon sens », notamment pour « accompagner » les plus précaires vers l’emploi, a affirmé jeudi la secrétaire d’Etat Christelle Dubos, en présentant un premier bilan du « plan pauvreté » annoncé il y a un an par Emmanuel Macron.

« On n’a pas de baguette magique, on a juste des mesures de bon sens qui évitent aux personnes de rentrer dans la pauvreté et qui permettent à celles y sont, d’en sortir », a souligné lors d’un point presse Mme Dubos, qui devait réunir jeudi et vendredi plusieurs centaines de responsables associatifs ou d’élus locaux à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), pour faire le point sur les « perspectives » de cette stratégie dotée de 8,5 milliards d’euros.

La secrétaire d’État a fait valoir de « premiers résultats concrets », comme la création de places en crèches dans les quartiers sensibles – ce qui doit contribuer à résorber les inégalités scolaires ultérieures – ou l’aide financière versée par l’État à certaines communes, afin de permettre à terme à 100.000 enfants de manger à la cantine pour un euro.

Le gouvernement met également en avant les 100.000 élèves devant bénéficier cet automne de petits-déjeuners gratuits à l’école, les 160 nouveaux centres sociaux devant être construits dans les quartiers en difficultés qui en étaient dépourvus, ou encore les 150 « points conseils budget » – sur 400 prévus d’ici la fin du quinquennat – qui doivent aider les familles à éviter le surendettement.

Lundi, un collectif d’une trentaine d’associations luttant contre la pauvreté s’était cependant alarmé des conditions de vie « globalement dégradées » des personnes les plus précaires, pointant la baisse des APL et la désindexation des allocations logement et des prestations familiales.

Pour le délégué interministériel à la lutte contre la pauvreté, Olivier Noblecourt, « tout n’est certes pas parfait » mais « il n’est pas exact que les 10% les plus pauvres ont vu leur pouvoir d’achat se dégrader ces derniers mois, aucun chiffre ne le démontre ».

Christelle Dubos, de son côté, a dit « entendre l’impatience » des associations ». « J’ai aussi cette impatience de pouvoir résoudre plus rapidement la question de la pauvreté », a-t-elle assuré. « Nous faisons un investissement massif sur l’accompagnement: les personnes nous demandent d’être accompagnées pour trouver un travail ».

Pour ce faire, a-t-elle rappelé, le gouvernement a lancé lundi une consultation pour créer en 2020 un « service public de l’insertion », guichet unique permettant de garantir le même accompagnement aux plus éloignés de l’emploi, notamment les 1,8 million de bénéficiaires du RSA, et de leur « offrir une chance » d’accéder à un travail.

ab/lum/dlm