Coronavirus: à Rennes, des livreurs inquiets du non respect des régles sanitaires

RENNES, 20 mars 2020 (AFP) – Plusieurs livreurs en restauration de Rennes ont témoigné à l’AFP de leur crainte face à la propagation du coronavirus, l’un jugeant être confronté à « un problème de santé publique par rapport à la permissivité des livraisons ».

Dans une capitale bretonne quasi déserte, outre quelques joggeurs et personnes faisant leurs courses, il est encore possible de croiser des livreurs en vélo travaillant pour des plateformes comme Deliveroo.

« Le coursier est un vecteur contaminant très, très fort et il n’y a pas de précautions qui sont prises actuellement… C’est un risque pour la population », explique Xavier (prénom d’emprunt), âgé de 38 ans, et rencontré dans le centre-ville.

Selon lui, « les restaurateurs font du passage de sac de la main à la main, il y a des attroupements de coursiers devant tous les restaurants. Et en ce moment, comme il y a très peu de restaurants ouverts et très peu de demandes, ça donne des attroupements de 20 à 30 coursiers devant le restaurant où ils sont tous entassés et ça se passe les sacs, sans aucune précaution ».

« J’ai pu observer aussi un restaurateur gonfler un sac en papier à la bouche avant d’y insérer un sandwich et me le donner pour aller le livrer chez un client », a-t-il également rapporté. Vendredi, Xavier a confié à l’AFP avoir décidé d’arrêter de travailler, faisant également part de « tensions » entre livreurs.

D’après le site du ministère de l’Economie, la livraison de repas à domicile reste autorisée « pourvu qu’elle se fasse sans contact, afin d’assurer une protection maximale des personnes qui préparent les repas, des livreurs et des clients ».

Or, selon Mathieu, coursier pour Deliveroo et Uber depuis deux ans, les clients « ne me laissent pas le temps de m’éloigner, ils se mettent très proches de moi. Nous, du coup, on est en première ligne parce qu’on voit énormément de personnes, donc ça multiplie les risques, pour notre famille aussi. »

Regrettant de ne pouvoir avoir recours au droit de retrait, cet étudiant déplore de ne pas avoir « droit à la protection face à un virus qui est potentiellement mortel ».

« Il y a certains clients qui le prennent au sérieux. C’est on va dire 50% des clients et sinon les autres, ça les fait rigoler », a-t-il fustigé.

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