Coronavirus: face à « l’arrêt » de l’économie, la CPME veut plus d’aides aux entreprises

PARIS, 12 mars 2020 (AFP) – Face à la pandémie de coronavirus, le président de Confédération des petites et moyennes entreprises François Asselin a estimé jeudi que l’économie allait connaître un « arrêt » entre six et huit semaines, et demandé plus d’aides pour maintenir l’emploi.

« Si on regarde ce qui s’est passé en Chine dans les provinces éloignées de l’épicentre de l’épidémie, c’est entre six et huit semaines que l’économie a été à l’arrêt », a déclaré M. Asselin sur Radio Classique.

En France et en Europe, « il faut s’attendre effectivement à la même durée », a-t-il ajouté.

Face à cette situation, il a salué des mesures « bien calibrées » du gouvernement tout en disant craindre « que ça ne soit pas suffisant ».

« Il faudra certainement des annulations de charges », a-t-il notamment demandé, soutenant une revendication déjà formulée par le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux.

Le gouvernement a pour l’instant prévu des reports de charges sociales et fiscales, ainsi que des dégrèvements d’impôts pour les entreprises menacées de mettre la clé sous la porte.

Concernant le recours au chômage partiel, pour lequel la prise en charge du salaire a été portée au niveau du Smic (8,03 euros net de l’heure) « il faudrait que le reste à charge soit complètement pris en charge par la solidarité. Si vous n’avez plus de travail et que vous devez payer vos salariés, ça va très vite mal se passer », a-t-il averti.

« Il faut préserver l’emploi » parce qu’on « sait qu’on va en sortir », donc « il faut surtout garder intact l’outil de travail pour que quand ça redémarre, tout le monde puisse retrouver le chemin du travail », a encore expliqué M. Asselin.

Interrogé par l’AFP sur les conséquences d’une prise en charge intégrale des salaires par la collectivité, M. Asselin la souhaite et précise que « concernant les finances publiques, le risque est que lorsqu’on en sortira on ne puisse pas redémarrer ».

« Les grandes entreprises s’en sortiront avec des bleus. Les PME et les TPE seront K.O. C’est l’emploi des territoires », souligne le président de la CPME.

M. Asselin a décrit une situation alarmante pour beaucoup de PME, et pris l’exemple des taxis.

« Vous prenez un taxi dans Paris, vous allez voir ce qu’il va vous dire: c’est 50% de baisse d’activité. Les avions n’arrivent plus, ou à vide, les trains idem, les clients ne sont pas au rendez-vous », a-t-il sur Radio Classique.

boc/tq/shu