Coronavirus: « interdire de licencier, je ne crois pas que nous en arrivions là », estime Philippe

PARIS, 17 mars 2020 (AFP) – « Interdire de licencier, je ne crois pas que nous en arrivions là », a déclaré mardi le Premier ministre Edouard Philippe qui n’a en revanche pas exclu des nationalisations d’entreprises si nécessaire et assuré que l’Etat était prêt à « prendre ses responsabilités » concernant Air France.

« L »interdiction administrative des licenciements, comme elle a pu exister, elle n’est jamais, je crois, une solution totalement satisfaisante », a déclaré Edouard Philippe sur France 2. « Ce que nous voulons faire, c’est qu’il ne soit pas utile de licencier, (c’est) d’essayer de faire en sorte que l’entreprise puisse continuer son existence ».

« Il va y avoir beaucoup de menaces. Pour les petites entreprises c’est évident, mais pour les très grandes également », a ajouté le Premier ministre. « On sait que dans les transports aériens il va y avoir beaucoup d’entreprises qui vont avoir beaucoup de mal à passer cette crise, et l’Etat, la France, le gouvernement est prêt à aider ».

Edouard Philippe a notamment confirmé les propos de son ministre de l’Economie Bruno Le Maire au sujet de la compagnie Air France, pour laquelle l’Etat – qui détient plus de 14% du capital d’Air France-KLM – est prêt à « prendre ses responsabilités en tant qu’actionnaire ».

Le Premier ministre n’a en outre pas exclu des nationalisations d’entreprises si nécessaire.

Bruno Le Maire avait plus tôt mardi présenté les mesures prises par le gouvernement pour gagner la « guerre économique » contre le coronavirus qui perturbe l’activité de très nombreuses entreprises. Parmi les mesures, outre d’éventuelles nationalisations, ont été évoqués un recours au chômage partiel et la mise en place d’un fonds de solidarité pour les micro-entrepreneurs.

« Notre objectif est de faire en sorte que le tissu économique et que le tissu productif français puissent surmonter cette crise », a encore observé Edouard Philippe. « Si l’entreprise meurt, quand la crise sera passée – et elle passera – alors il n’y aura plus personne pour repartir ».

« Ce que nous voulons éviter, c’est ce qui a été observé en 2008: en 2008, il avait été très difficile de sauver un certain nombre d’entreprises et on avait mis beaucoup de temps à repartir », a souligné Edouard Philippe.

Pour les entreprises empêchées de poursuivre leur activité en raison du confinement de la population française, « les salariés qui y travaillent vont bénéficier d’un régime d’activité partielle ou de chômage partiel, que nous sommes en train de transformer. »

« C’est l’objet du projet de loi » déposé mercredi en Conseil des ministres, qui sera « discuté à l’Assemblée nationale et au Sénat, en urgence, jeudi et vendredi », pour permettre une meilleure indemnisation de l’activité partielle, a encore déclaré Edouard Philippe.

rbl-leb-cda/ak/or