Coronavirus: l’Assurance maladie prévoit un « dépassement » de son budget en 2020

PARIS, 15 avril 2020 (AFP) – Les consultations médicales sont en forte baisse, mais les arrêts de travail explosent à cause du coronavirus, a indiqué mercredi le directeur de l’Assurance maladie Nicolas Revel, qui s’attend à « un dépassement de l’objectif de dépenses » pour 2020.

Epidémie oblige, le budget voté en décembre et son objectif de dépenses d’assurance maladie (Ondam) de 205,6 milliards d’euros est dépassé.

« A la fin, nous sortirons avec un dépassement de l’Ondam, j’en suis convaincu », a déclaré M. Revel lors d’une audition en téléconférence par la commission des affaires sociales du Sénat.

Le patron de l’Assurance maladie est toutefois resté « prudent sur l’ampleur » de ce dérapage.

Pour les hôpitaux et cliniques (84,4 milliards), le gouvernement a apporté par ordonnance une « garantie de financement » globale, mais des « surcoûts ponctuels » sont probables, notamment en réanimation.

En revanche, du côté des « soins de ville » (93,5 milliards), la Sécu constate un net « freinage » de l’ordre de 350 millions par semaine, ce malgré une « hausse significative » des arrêts maladie (de 185 millions par semaine), liée aux nouvelles procédures « dérogatoires » pour la garde d’enfants et les malades chroniques.

Par contraste, cela signifie un demi-milliard de dépenses en moins chaque semaine sur les actes médicaux et paramédicaux.

De fait, depuis fin mars, l’activité des médecins généralistes a diminué de 40%, celle des spécialistes de 50% et d’autres professions comme les dentistes, les kinés et les orthophonistes sont « quasiment à l’arrêt ».

Des « concertations » sont en cours sur un « accompagnement financier », que le gouvernement instaurera « par voie d’ordonnance », M. Revel espérant ainsi pouvoir « déclencher très rapidement un premier acompte, si possible fin avril, sinon tout début mai ».

« Le coût de ce dispositif va être important », a-t-il affirmé, prédisant en outre un « effet de rattrapage de la consommation de soins dans les mois suivants ».

L’Assurance maladie financera par ailleurs les 4 milliards alloués à Santé publique France pour l’achat d’équipements de protection (masques, blouses…), et les tests de dépistage – pour un montant encore indéterminé.

Face à cette accumulation de dépenses, « on va avoir un très gros trou d’air lié à la récession » économique, a-t-il ajouté, jugeant « évident » le vote d’un budget rectificatif de la Sécu « courant 2020 », mais seulement « quand les choses seraient stabilisées », sans doute « d’ici l’été ».

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