Coronavirus: le Medef demande des exonérations de charges sociales

PARIS, 10 mars 2020 (AFP) – Face à la crise du coronavirus, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux a demandé mardi dans un tweet « une « exonération automatique et immédiate des charges sociales en cas de baisse brutale de chiffre d’affaires ».

« Sinon, des milliers de PME risquent de disparaître », affirme le président de la première organisation patronale française.

M. Roux de Bézieux demande également à ce que les crédits de trésorerie aux entreprises soient garantis à hauteur de 90% par la banque publique Bpifrance. Cette garantie a déjà été portée à 70%, mais la porter à 90% exige l’autorisation de Bruxelles, ce que « la commission européenne ne peut pas refuser », selon un autre tweet du président du Medef.

A cause de la propagation du virus, « la désorganisation économique va monter en puissance », a pour sa part prédit le président délégué du Medef, Patrick Martin, sur Europe 1.

Pour les entreprises et les secteurs en difficulté, « ce n’est pas d’une lance à incendie dont on a besoin, c’est de Canadairs », estime le numéro deux de l’organisation.

Le gouvernement a pour l’instant prévu d’accorder aux entreprises en difficulté des délais de paiement supplémentaires pour leurs échéances fiscales ou sociales, ainsi que des dégrèvements d’impôts au cas par cas pour les entreprises « menacées de disparition ».

Le dispositif de chômage partiel, destiné à maintenir l’emploi dans les entreprises confrontées à des baisses d’activité, est par ailleurs renforcé: l’Etat va ainsi porter de 7,74 euros à 8,03 euros, soit le niveau du Smic, l’indemnité horaire compensatrice versée aux employeurs ayant recours à ce dispositif.

L’Etat a enfin promis qu’il n’appliquerait pas de pénalités de retard aux entreprises affectées qui auraient contracté des marchés publics, en reconnaissant les difficultés liées au Covid-19 comme un « cas de force majeure ».

Le président de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) François Asselin a demandé de son côté au gouvernement la reconnaissance d’un « état de catastrophe sanitaire » équivalent à l’état de catastrophe naturelle qui permettrait dans certains cas de faire jouer une garantie pertes d’exploitation auprès des assureurs.

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