Coronavirus: le Medef demande une aide de 10.000 euros par apprenti

PARIS, 20 mai 2020 (AFP) – Le Medef demande une aide unique de 10.000 euros pour tout recrutement d’un apprenti avant le 31 décembre alors que la « crise économique et sanitaire a cassé la dynamique de l’apprentissage », selon un communiqué diffusé mercredi.

Une position qui rejoint celle de l’U2P (artisans), dont le président Alain Griset a demandé sur RTL mardi « une rémunération pour les jeunes, mais prise en charge par l’Etat, de façon à ce qu’il y ait zéro coût pour une entreprise qui prend un apprenti ».

L’apprentissage avait connu en 2019 un succès record auprès des jeunes, avec 368.000 contrats signés, grâce à une bonne conjoncture et à la réforme de 2018 qui « a supprimé les freins » à l’essor de cette formation en alternance, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

L’aide demandée mercredi par le Medef serait « versée de manière échelonnée sur la première année du contrat, à partir du deuxième mois après l’embauche, quels que soient la taille de l’entreprise et le niveau du diplôme préparé par l’apprenti ».

Elle s’appliquerait également aux contrats de professionnalisation, d’une durée de deux ans.

« Dans la situation actuelle d’extrême tension sur la trésorerie, d’incertitude sur les carnets de commandes, de forte dégradation de la rentabilité d’exploitation, la seule façon de décider les entreprises, toutes tailles confondues, de recruter des apprentis est d’en réduire massivement le coût » pour les entreprises, selon la première organisation patronale française.

« Pour l’Etat, une rentrée avec 300.000 potentiels apprentis +sur le carreau+ serait un drame de plus dont il est difficile d’évaluer le coût social », met en garde le Medef.

Il calcule qu’avec un objectif de 400.000 nouveaux apprentis en 2020, le coût pour l’Etat d’une telle aide serait compris entre 3 et 4 milliards d’euros, mais qu’en soustrayant « les coûts sociaux évités » ne subsisterait plus qu’un « coût net entre 1 et 2 milliards d’euros ».

L’organisation patronale veut aussi « assouplir les modalités d’apprentissage », notamment en permettant « aux futurs apprentis de rester en formation dans leur CFA pendant au minimum neuf mois dans l’attente de conclure un contrat d’apprentissage avec une entreprise » et en permettant « aux entreprises de moduler la répartition du temps de travail entre le CFA et l’entreprise ».

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