Coronavirus: Martinez (CGT) a « l’impression que l’économie prime avant la santé »

PARIS, 27 mars 2020 (AFP) – Le secrétaire général de la CGT, Phlippe Martinez, a dit vendredi son « impression que l’économie prime avant la santé » pour le gouvernement et l’a accusé de nourrir une polémique « odieuse » après le dépôt d’un préavis de grève dans des services publics.

« Nous avons de nombreux témoignages de salariés qui n’ont pas encore les protections indispensables pour continuer à travailler », a déploré sur RFI le dirigeant syndical, disant « saluer » l’engagement de « tous (ceux) qui travaillent parce qu’ils sont utiles à aider » à faire face à la crise sanitaire.

« Mais il y en a toute une partie qui sont encore au travail et ne devraient pas l’être », notamment dans « l’industrie ». « Il n’y a pas besoin de fabriquer des bateaux, des avions, des voitures (…), nous ne voyons pas l’utilité de ce genre de produits en ce moment », a relevé Philippe Martinez.

Il y a vu « un double effet négatif »: « des salariés continuent à aller au travail, et pas toujours (avec des) protections nécessaires pour leur santé et pour celle des autres » et « c’est autant de protections en moins, alors qu’on en manque, pour tous les soignants ».

« On a l’impression que l’économie, entre guillemets, prime avant la santé », a critiqué le responsable syndical.

Lors de la réunion de l’exécutif et des partenaires sociaux vendredi matin en audioconférence, Philippe Martinez entend « rappeler au président de la République ce (qu’il dit) depuis plusieurs jours: il faut que tous ceux dont l’activité n’est pas nécessaire au règlement de la crise sanitaire aujourd’hui restent » chez eux.

Le responsable syndical a en outre défendu le préavis de grève déposé pour avril par une fédération CGT dans les services publics locaux, que le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt a jugé « inopportun ».

« Le gouvernement fait semblant de ne pas comprendre ce que c’est qu’un préavis de grève », a-t-il estimé, soulignant qu’il s’agissait simplement de « permettre à ceux qui réclament depuis des jours ou des jours des protections de dire +si c’est comme ça, on arrête de travailler+ ».

« La polémique générée par le gouvernement est absolument odieuse », s’est emporté Philippe Martinez, regrettant « une nouvelle provocation ».

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