Coronavirus: un syndicat policier appelle au droit de retrait pour obtenir des masques

PARIS, 18 mars 2020 (AFP) – Le syndicat policier Alliance a invité mercredi les policiers à exercer leur « droit de retrait » pour qu’ils puissent obtenir et utiliser des masques et autres moyens de protection face à l’épidémie de coronavirus.

« Droit de retrait des policiers s’ils n’ont pas masques, gants, gel, matériel sanitaire à disposition lorsque la mission ou la situation l’exige », écrit le syndicat dans un tract.

L’organisation syndicale réclame notamment le port du masque « à discrétion de l’agent, non au bon vouloir de la hiérarchie », la fourniture de gants et de gel antibactérien, la « priorisation des missions pour les services ».

Les syndicats policiers s’alarment depuis le début de l’épidémie du manque de masques à disposition des agents et s’offusquent des règles régissant leur utilisation lors des interventions, en particulier les contrôles visant à faire respecter le confinement.

De nombreuses vidéos montrant la diffusion de consignes de ne pas porter de masque en patrouille ont suscité l’émoi dans les rangs policiers, selon plusieurs sources syndicales et policières.

« Il va falloir équiper (les policiers, ndlr) en urgence au risque de voir se diffuser un virus encore plus pernicieux, celui de la rumeur et de la suspicion permanente », a affirmé David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN-Unsa), dans une newsletter interne.

« Il est inacceptable d’entendre que le masques sont réservés aux malades ou aux médecins, pour plusieurs raisons de bon sens: en l’absence de dépistages de cette maladie, personne ne sait qui est malade, ni dans les rangs des forces de l’ordre, ni au sein de la population », observe le syndicaliste.

« Lorsque les policiers observent leurs homologues de pays étrangers, ils constatent que tous sont dotés de masques », ajoute M. Le Bars.

Selon le ministère de l’Intérieur, les masques FFP2 doivent être donnés en priorité aux personnels soignants car « ce sont eux chaque jour qui sont en contact direct avec les malades ».

« Pour les policiers et les gendarmes, le dispositif se déploie avec le prépositionnement de masques chirurgicaux mais à utiliser uniquement lorsque les forces de l’ordre prennent en charge une personnes atteinte par le Coronavirus », selon les règles édictées jusqu’ici par la place Beauvau.

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