Coronavirus: une entreprise sur cinq prévoit de licencier au Royaume-Uni

LONDRES, 18 mai 2020 (AFP) – Plus d’une entreprise sur cinq au Royaume-Uni compte licencier des salariés, selon une étude publiée lundi sur l’impact de la pandémie qui risque de ramener le chômage au plus haut depuis les années 1980, prévient un responsable de la Banque d’Angleterre.

Le marché de l’emploi britannique, qui avant la crise battait des records de vigueur, va souffrir dans les trois prochains mois des conséquences de l’arrêt de l’activité, souligne cette étude de l’institut Chartered Institute of Personnel and Development (CIPD) et du groupe de travail temporaire Adecco.

Selon eux, les entreprises ont arrêté de recruter et gèlent les salaires. Et la moitié d’entre elles comptent aussi ne pas augmenter les rémunérations l’année prochaine.

Parmi les plus de 2.000 employeurs interrogés, 21% d’entre eux veulent procéder à des licenciements dans les trois prochains mois.

C’est une faible augmentation par rapport au chiffre de 16% enregistré lors de la précédente enquête publiée le trimestre précédent, soit avant que la pandémie ne frappe l’activité.

Cette modeste hausse s’explique, selon l’étude, par le recours massif par les entreprises au dispositif de chômage partiel mis en place par le gouvernement pour limiter les licenciements.

Selon le CIPD, ce mécanisme a permis d’éviter 4,2 millions de suppressions d’emplois.

« Bien que les embauches et l’évolution des salaires aient pris de mauvaises tournures, les employeurs ont jusqu’à présent évité de procéder à des suppressions d’emplois massives », souligne Gerwyn Davies, un responsable du CIPD.

Malgré tout, les économistes dans le pays s’attendent à d’importants dégâts sur le marché de l’emploi.

L’OBR (Office for Budget Responsibility), qui élabore les prévisions économiques pour le compte du gouvernement, redoute un taux de chômage à 10% au deuxième trimestre. Avant la pandémie, il évoluait sous 4%, un plus bas depuis 1975.

Dans un entretien au quotidien The Telegraph dimanche, Andy Haldane, haut responsable de la Banque d’Angleterre (BoE) s’inquiète même de voir le chômage retrouver ses niveaux très élevés des années 1980, à savoir jusqu’à 12%.

Cette estimation est plus sombre que les prévisions de la BoE qui table sur un taux de chômage à 9%, soit un sommet depuis le milieu des années 1990.

« La raison même pour laquelle j’ai fait de l’économie et me suis intéressé aux politiques publiques, c’est à cause de l’expérience douloureuse du chômage au début des années 1980 qui a grimpé à 3 millions de personnes. Et nous revenons vers cela en fait », a-t-il dit.

Les chiffres officiels sur l’emploi pour les trois mois à fin mars seront dévoilés mardi par le Bureau national des statistiques (ONS) et devraient donner une idée de l’impact du début du confinement, mis en place le 23 mars au Royaume-Uni.

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