Coup de rabot budgétaire: « consternation » des syndicats de magistrats

PARIS, 11 juillet 2017 (AFP) – « Toujours plus loin vers la clochardisation de la justice »: les syndicats de magistrats ont dénoncé mardi une « justice au rabais », après l’annonce d’un coup de rabot budgétaire général, qui amputera la justice de 160 millions d’euros cette année.

L’Union syndicale de magistrats (USM, majoritaire) a fait part de sa « consternation », alors que le budget 2017 de la Justice (8,5 milliards, avec charges de pension) affichait jusqu’à présent une hausse de 28% sur un an des crédits alloués à l’immobilier judiciaire, le premier poste visé par les économies gouvernementales.

« Il s’agissait notamment d’assurer le financement des opérations immobilières en cours (notamment à Strasbourg, Cayenne, Douai, Point-à-Pitre, Poitiers, Quimper ou Saint-Malo) et de lancer de nouveaux marchés de travaux (Mont-de-Marsan, Lille, Perpignan, Aix-en- Provence et Basse-Terre) strictement indispensables au fonctionnement normal du service de la justice », a relevé l’USM.

Pour le Syndicat de la magistrature (SM, gauche), « il est inadmissible que les rats pullulent dans les cellules, qu’il pleuve dans les salles d’audience et les bureaux et que les personnes handicapées ne puissent pas entrer dans les tribunaux ».

Relevant que le Premier ministre a confirmé la construction de 15.000 nouvelles places de prisons, le SM demande où il trouvera « les 550 millions d’euros nécessaires » et redoute des arbitrages dont « les justiciables feront les frais » et une justice française qui « continuera de présenter une figure misérable sur la scène européenne, d’offrir un service au rabais et de maltraiter ses agents ».

Pour l’USM, la garde des Sceaux Nicole Belloubet devra « arbitrer et renoncer à des dépenses d’absolue nécessité »: « Quelles seront les juridictions finalement privées des moyens nécessaires à leur bon fonctionnement? », « quels justiciables ne verront pas leurs affaires traitées dans un délai acceptable faute de personnels? », demande le syndicat, qui promet de dénoncer comme « inacceptables » ces mesures d’austérité lors d’une rencontre avec la ministre prévue lundi prochain.

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