Creuse: plainte pour injure raciale contre un agent de la Caisse retraite

GUÉRET, 24 août 2018 (AFP) – Une jeune Creusoise a déposé plainte au commissariat de Guéret contre un agent de la Caisse de retraite qu’elle accuse d’avoir laissé sur sa messagerie des injures raciales, alors qu’il n’avait pas raccroché convenablement son téléphone, a-t-on appris vendredi auprès du parquet.

« La plainte vise un agent de la Carsat » (Caisse d’Assurance Retraite et de la Santé au Travail), a précisé le procureur Bruno Sauvage, indiquant qu’elle portrait sur des « faits d’injure raciale non publique ».

Une enquête a donc été ouverte, a confirmé le parquet de Guéret, qui est diligentée par la police, dont les fonctionnaires disposent de l’intégralité du message incriminé.

Fatiha Martin, une jeune Creusoise en vacances chez ses parents à Guéret, a découvert mercredi sur son répondeur un message de l’agent en cause faisant suite à sa demande de renseignements émise un peu plus tôt, concernant le suivi et l’instruction du dossier de retraite de sa mère, Fatima.

Dans un premier temps, ce dernier annonce à la jeune femme que le dossier de sa mère ne sera pas validé et que si cette réponse ne lui convient pas, elle n’a qu’à engager une procédure devant le tribunal des affaires sociales.

Mais oubliant de raccrocher le combiné il poursuit sur un ton injurieux « t’as vu comme je l’ai calmée celle-là ? », lance-t-il à ses collègues, déclenchant les rires de certains. Il continue  » j’en peux plus de ces gens là. De tout façon elle pue ! C’est du Daesh creusois, elle est voilée de la tête aux pieds ». Et d’ajouter, dans des propos confirmés par une source proche de l’enquête, qu’il s’agit de « Cas soc’ « (NDLR – Cas sociaux) qui n’auraient pas les moyens de soutenir une procédure contre la Carsat.

Après la révélation de l’affaire par les médias locaux, le siège régional de la Carsat Centre-Ouest a publié une communiqué de presse assorti d’une lettre d’excuse à l’intention de la famille, condamnant fermement les « propos inacceptables tenus le 22 août 2018 par l’un de ses collaborateurs de l’agence de Guéret ».

Interrogée par France Bleu Creuse, Fatiha Martin a demandé des sanctions contre l’agent, indiquant « je ne veux plus que cela se reproduise ».

juc-pjl/phc