Crise à Franceinfo: accord conclu avec deux syndicats, le SNJ dénonce un « chantage »

PARIS, 16 septembre 2016 (AFP) – La direction de France Télévisions a trouvé vendredi un accord avec deux syndicats majoritaires dans le conflit sur le statut des journalistes de Franceinfo mais le SNJ a refusé de s’y associer, selon des sources concordantes.

Ce conflit a pour origine le recours à des journalistes multitâches (texte et montage vidéo) qui n’est pas prévu dans l’accord collectif et qui a été sanctionné par la justice.

Selon cet « accord transitoire », France Télévisions mettra en place « une série d’expérimentations » pour tester le montage par les journalistes sur la nouvelle chaîne d’info, a indiqué Eric Vial, de Force Ouvrière, syndicat qui a signé l’accord.

Le syndicat majoritaire CGT doit encore consulter ses instances lundi mais a indiqué qu’il signerait l’accord, ce qui suffirait à le valider, a affirmé Eric Vial.

Le SNJ, qui avait saisi la justice avec la CFDT sur le statut des journalistes et des monteurs de Franceinfo, a dénoncé un « chantage à la fermeture » de la chaîne de la part de la direction et indiqué dans un communiqué qu’il ne signerait pas cet accord.

« Soit vous acceptez de valider le montage par les journalistes et le fait de confier des tâches éditoriales à des salariés privés du statut, des droits et libertés des journalistes professionnels, soit nous +mettons la mire+ sur la chaîne info. Bluff ou réalité, peu importe, le procédé qui consiste à faire du chantage à la fermeture est indigne d’une entreprise de service public », a dénoncé le syndicat.

« Le but, c’est de faire respecter les différentes professions, que chacun puisse faire son métier correctement. Ce n’est évidemment pas de s’opposer au fonctionnement de la chaîne info, que toutes les organisations syndicales considèrent comme une aubaine », a assuré à l’AFP Me Rudy Ouakrat, avocat des syndicats CFDT et SNJ.

La direction de France Télévisions, contactée par l’AFP, n’avait pas nié le risque d’arrêt temporaire de Franceinfo en cas d’échec des négociations.

Un message avait même été préparé en cas de suspension de diffusion: « en raison d’une décision de justice, nous ne sommes plus en mesure de vous proposer les programmes de franceinfo », disait ce message publié par un des journalistes de la chaîne sur Twitter.

La justice avait interdit mardi aux journalistes de Franceinfo de monter des vidéos et aux monteurs de réaliser des sujets, une double-casquette courante dans les chaînes d’info en continu et en vigueur chez Franceinfo malgré l’échec de négociations avec les syndicats au début de l’année.

Mercredi, la présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, avait estimé qu' »on ne p(ouvait) pas faire une chaîne d’info autrement. C’est le modèle de la chaîne d’info qui est en question ».

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