Crise des déchets à Nantes: la justice ordonne le déblocage des sites de collecte

NANTES, 21 avril 2017 (AFP) – Le juge des référés du tribunal administratif de Nantes a ordonné vendredi aux éboueurs en grève contre une réorganisation de leur temps de travail de lever sans délai les blocages des sites de collecte et de tri des déchets de la ville, a-t-on appris de sources concordantes.

Le juge, qui avait été saisi en urgence par Nantes Métropole, a enjoint aux syndicats CGT et FO, et aux agents bloquant au total cinq sites de « quitter les lieux sans délai », sous peine d’astreinte de 250 euros par jour et par personne et avec la possibilité pour la collectivité de recourir à la force publique s’ils n’obtempèrent pas, ont indiqué à l’AFP le tribunal administratif et les avocats des deux parties.

Le représentant de Nantes Métropole, Nicolas Eveno, avait invoqué lors de l’audience, vendredi en fin de matinée, une raison de « salubrité publique », la situation devenant selon lui « critique, notamment dans l’hypercentre », où les déchets s’accumulent.

Perturbé depuis le 13 mars, le ramassage des déchets par les agents est totalement interrompu à Nantes depuis une semaine.

Avant même la décision du tribunal, Nantes Métropole a commencé à procéder au nettoyage de certains secteurs du centre-ville, en faisant appel à des opérateurs privés, a-t-on appris auprès de la collectivité.

Les éboueurs, à l’appel des syndicats CGT et FO, barrent depuis vendredi les accès aux trois sites de collecte de déchets de la ville, ainsi que ceux des deux usines d’incinération depuis mardi et mercredi, empêchant tout ramassage et tout tri.

Ils devraient libérer les accès de chaque site dans la soirée, après avoir « pris connaissance du courrier », selon Rachid Mimouni, délégué FO.

En conflit avec la municipalité depuis sept semaines, et en grève totale de la collecte des déchets depuis le 14 avril, les éboueurs exigent la tenue de négociations sur la réorganisation de leur temps de travail et le report à la rentrée de septembre d’un comité technique, prévu le 5 mai, qui doit valider la future organisation.

Celle-ci prévoit d’ici le 1er octobre de mettre un terme au principe du fini-parti, qui permettait aux agents de quitter leur travail quand ils ont terminé leur ramassage. La réorganisation va entraîner la suppression de 24 postes sur quelque 210 d’agents titulaires, et une augmentation du tonnage par agent, ainsi qu’une modification des horaires de travail, selon les organisations syndicales.

L’avocat des syndicats, Rémi Bascoulergue, avait déploré devant le juge des référés l’absence de négociations malgré « les nombreux appels du pied » des syndicats depuis le début du conflit, et demandé la nomination d’un médiateur pour trouver une issue.

Nantes Métropole avait conditionné jeudi la tenue d’une table ronde à la reprise du travail et à une ville propre vendredi soir.

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