Crise majeure en vue sur le financement public des retraites, affirme Mercer

 DAVOS, 18 janvier 2017 (AFP) – Aucun gouvernement ne pourra financer à lui seul les retraites, face au vieillissement de la population et les entreprises et les particuliers doivent s’engager plus activement pour assurer leur pérennité, selon le cabinet de conseil américain Mercer.

« Une énorme crise nous menace, si nous ne trouvons pas de solutions pour le financement des retaites, et il est de la responsabilité des entreprises de s’engager plus activement », a déclaré Julio Portalatin, directeur général de la société Mercer, qui compte 21.000 employés dans 40 pays, lors d’une session organisée en marge du forum économique mondial de Davos.

Profitant de la présence en Suisse des patrons des plus grandes entreprises mondiales, M. Portalatin leur a lancé un appel pour qu’ils inscrivent la question du financement des retraites de leurs employés dans la liste de leurs priorités, ce qui accessoirement, pourrait donner du travail à Mercer.

Mercer est spécialisé dans le conseil en matière de couverture médicale, de retraite et de politique de rémunération. Chaque année, depuis huit ans, Mercer publie un classement de quelque 27 pays sur leur système de retraite.

Selon le classement 2016, le Danemark et les Pays-Bas sont les pays qui disposent du meilleur système de retraite. La France occupe le 14e rang.

Pour M. Portalatin, il faut rétablir « la mentalité du budget » auprès des jeunes.

« Aujourd’hui, les jeunes n’ont plus de budget, ils ne savent pas combien ils dépensent, et comment », a-t-il affirmé, regrettant « la disparition du chéquier, qui permettait au moins de noter ses dépenses au fur et à mesure ».

Afin de les convaincre d’épargner tous les mois, il faut « les éduquer », a-t-il ajouté.

« C’est un problème plus large de sécurité financière », a indiqué pour sa part à l’AFP le Canadien Jacques Goulet, responsable du secteur santé de Mercer.

« Une étude américaine a montré que 30% des gens aux Etats-Unis ne savent pas comment financer une dépense imprévue de 400 dollars, et ces 30% ne sont pas seulement des pauvres », a-t-il ajouté.

La solution serait de rendre cette épargne obligatoire pour les actifs et les entreprises.

« En Australie, une loi a été adoptée, rendant obligatoire pour toutes les entreprises de verser des fonds chaque mois sur un compte-épargne, destiné à la retraite de leurs employés », a-t-il cité à titre d’exemple.

« Les gens ne comprennent souvent pas le concept d’espérance de vie, quand elle est de 82 ans, ils ne se rendent pas compte que c’est une moyenne, et qu’ils ont une chance sur deux de dépasser ce seuil, et qu’il leur faudra disposer de revenus pour financer leur retraite à ce moment-là », a-t-il conclu.

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