Dans l’artisanat du bâtiment, un patron sur deux fatigué et stressé (étude)

PARIS, 2 mars 2016 (AFP) – La moitié des dirigeants de petites entreprises du bâtiment se disent fatigués et stressés, selon une enquête de la profession rendue publique mercredi, qui constate « un sentiment d’isolement très marqué » parmi eux.

« Si près de 8 dirigeants sur 10 estiment être en bonne santé, 53% d’entre eux se disent dans le même temps stressés » et ils sont aussi nombreux à se dire fatigués, d’après le deuxième baromètre ARTI Santé BTP, réalisé par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), la Chambre nationale de l’artisanat des travaux publics et du paysage (CNATP) et l’institut de recherche IRIS-ST.

En 2014, ils étaient 59% à se déclarer fatigués et 57% à se dire souvent, voire très souvent, stressés.

Le trop-plein de charges constitue la principale source de stress, devant le poids de l’administratif, l’alternance entre forte et faible activité ou le manque de visibilité sur l’avenir.

Les chefs d’entreprise font face à « des clients de plus en plus exigeants » et des lois « de plus en plus compliquées », ce qui les soumet à une « pression » qui parfois « n’est plus tolérable », commente auprès de l’AFP Patrick Liébus, le président de la Capeb.

Les sondés affichent une bonne santé (78%) certes, mais « de façade », relève l’étude en indiquant qu’une « grande partie des artisans souffrent (…) de douleurs physiques (mal de dos, articulations…) et psychiques (troubles du sommeil, anxiété…) ».

La souffrance au travail peut aller jusqu’à l’épuisement professionnel (burn-out) voire la dépression : 7% des sondés disent avoir été victimes d’un burn-out, et 6% ont fait état d’une dépression au cours des cinq dernières années.

En 2014, le burn-out « on en parlait un petit peu » mais désormais, « des artisans reconnaissent qu’ils ont pu le vivre », s’inquiète M. Liébus, qui conseille aux chefs d’entreprise concernés de « se tourner vers une structure professionnelle » pour obtenir des conseils.

L’étude évoque d’ailleurs « un sentiment d’isolement très marqué », 39% des répondants s’en disant victimes.

Concernant leur avenir professionnel, 40% des dirigeants se montrent pessimistes, plus particulièrement dans les entreprises de 1 à 5 salariés, est-il également précisé.

L’étude se fonde sur les témoignages issus d’un panel représentatif de 2.783 chefs d’entreprise artisanale du BTP (0 à 20 salariés) travaillant en France métropolitaine, interrogés en ligne entre septembre et octobre 2015.

jta/cel/cam