Dans le Puy-de-Dôme, les ex-Luxfer bloquent l’accès à leur usine

GERZAT, 22 janvier 2020 (AFP) – Ils se relaient nuit et jour malgré les températures négatives: les ouvriers de l’usine Luxfer à Gerzat (Puy-de-Dôme), fermée en 2019, bloquent l’accès au site pour « empêcher la destruction de leur outil de travail », ont-ils indiqué mercredi.

« Nous sommes là pour protéger nos machines car si elles sont détruites, il n’y aura plus aucun moyen de préserver les emplois », explique Axel Peronczyk, élu CGT.

Depuis lundi, une vingtaine d’anciens salariés sont présents sur place, se réchauffant autour de feux de palettes et barrant l’accès aux entreprises chargées de démanteler le site. Au total, une soixantaine d’entre eux se relaient 24 heures sur 24, selon M. Peronczyk.

« Aujourd’hui, pour ne pas respecter ses obligations de revitalisation du bassin d’emploi, Luxfer décide de faire détruire l’outil de travail dans la plus parfaite illégalité », dénoncent dans un tract commun les branches métallurgie de la CFDT et de la CGT.

Les salariés reprochent à la direction du groupe anglais de ne pas avoir examiné sérieusement leur projet de reprise, à travers une Scop (société coopérative et participative).

Ils estiment par ailleurs que Luxfer n’a pas respecté ses obligations de revitalisation du site et les mesures d’accompagnement prévues dans le cadre du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE).

Sur les 136 salariés de l’usine, « seulement 15% ont retrouvé un emploi, souvent précaire et pour la plupart à plus de trente kilomètres de chez eux. Certaines formations de reclassement n’ont même pas été payées », déplore M. Peronczyk.

« Nous ne sommes pas entendus, y compris dans les plus hautes sphères de l’Etat, qui n’a pas bougé le petit doigt », malgré une réunion au ministère de l’Economie et des Finances le 14 janvier.

Le site nécessite enfin d’importants travaux de dépollution: « qui va payer? Le contribuable? », s’interroge l’élu CGT, redoutant l’installation d' »une friche industrielle ».

La direction du groupe, contactée par l’AFP, n’a pas réagi.

Basé à Nottingham en Angleterre, Luxfer avait annoncé fin novembre 2018 la fermeture définitive de l’usine auvergnate, la seule qu’il possédait en France.

Les salariés contestent en justice leurs licenciements, en s’appuyant sur une décision de l’inspection du travail remettant en cause le motif économique.

L’usine rachetée en 2001 par Luxfer à une filiale de Pechiney-Rhenalu fabriquait des extincteurs pour les services de secours, des bouteilles d’oxygène pour le médical et d’autres types de cylindres en aluminium.

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