Débat pour la présidentielle: les retraites divisent les candidats

PARIS, 21 mars 2017 (AFP) – Le sujet des retraites a marqué des divergences entre les cinq candidats du débat télévisé lundi, François Fillon comparant le programme de Marine Le Pen à « la gauche en 1981 » sur ce point, Jean-Luc Mélenchon voulant revenir au départ à 60 ans.

A la candidate du FN qui venait d’affirmer qu’il fallait recréer du travail « et pas demander en permanence aux Français des sacrifices » via les retraites, le candidat de la droite a jugé que sur ce sujet « le programme de Mme Le Pen, c’est le programme commun de la gauche en 1981 », lors du débat télévisé sur TF1 et LCI.

« La gauche n’a jamais soutenu une seule des réforme des retraites qui permettent aujourd’hui (…) au gouvernement de plastronner en disant que l’équilibre des régimes est atteint », a grincé l’ancien Premier ministre et député LR, plaidant pour un « passage progressif à 65 ans » qui permettrait, selon lui, d' »augmenter les petites retraites et faire à la fin une réforme structurelle ».

L’âge légal de départ a été relevé de 60 à 62 ans à partir de la génération née en 1955 par la réforme des retraites de 2010. Pour bénéficier d’une retraite à taux plein, il faut avoir atteint l’âge légal mais aussi avoir cotisé suffisamment (166 trimestres, soit 41,5 ans pour la génération 1955).

Le candidat d’En Marche! Emmanuel Macron a ensuite estimé ce que proposait M. Fillon reviendrait à « faire des économies sur celles et ceux qui vont partir à la retraite », des économies sur « le dos des Français ».

« Je ne propose pas de faire la énième réforme qui consiste à repousser l’âge de départ », a affirmé cet ancien ministre de l’Economie, vantant « une réforme en profondeur » en gardant un système par répartition, « où un euro cotisé donne droit aux mêmes droits pour tout le monde, quelle que soit votre catégorie ».

Un contexte dans lequel « on pourra prendre en compte la pénibilité », qui « va progressivement monter en charge », pour être effectif « d’ici à 10 ans », a-t-il aussi promis.

Le socialiste Benoît Hamon a défendu la possibilité de « partir plus tôt » pour ceux ayant connu un métier pénible mais aussi sa proposition consistant à pouvoir transférer des trimestres à son conjoint pour avoir plus rapidement une retraite à taux plein.

Quant à Jean-Luc Mélenchon, il a plaidé pour revenir à la retraite à 60 ans et aux 40 annuités, jugeant « incroyable qu’on soit revenu au niveau où on en était quand elles (les retraites) ont été créées en 1910 ». Pour cela, « il faut et il suffit que les femmes soient payées comme les hommes et, à partir de là, les cotisations sociales auxquelles ça donnerait lieu équilibreraient le régime », selon le candidat de La France insoumise.

chl/ic/bd/mml