Débrayages chez Fedex en France face au « mépris » de la direction (CFDT)

PARIS, 6 mai 2020 (AFP) – Des débrayages ont eu lieu mercredi sur plusieurs sites de Fedex en France et d’autres sont encore prévus pour dénoncer le « mépris » de la direction malgré la mobilisation des salariés pendant l’épidémie de Covid-19, a annoncé la CFDT du groupe de logistique.

« Le secteur du transport et de la logistique a déjà essuyé un lourd tribut avec pas moins de 5.500 cas de Covid-19 déclarés dont 35 décès », affirme la CFDT Fedex dans un communiqué. « En cette période de pandémie, les entreprises responsables ont fait le choix de gratifier les salariés qui continuent à venir travailler », ce qui n’est pas le cas de Fedex France, regrette le syndicat en référence à la possibilité pour les entreprises de verser une prime défiscalisée à leurs salariés.

« Les sites de Tremblay-en-France, Bordeaux et Annecy ont débrayé à partir de 01H00 du matin », mobilisant plusieurs dizaines de salariés, et des débrayages plus nombreux étaient prévus à partir de 17H00, sur « une trentaine de sites », parmi lesquels Lyon, Lille, Marseille, Strasbourg ou encore Toulouse, a indiqué à l’AFP Yahya Sabri, délégué central de la CFDT Fedex.

Ces mouvements ont lieu conjointement avec les syndicats CGT et SNSG, en fonction des sites, a-t-il précisé.

« Les salariés de Fedex sont remontés, ils sont en première ligne pendant le confinement et n’ont ni participation, ni intéressement », a expliqué le délégué, qui dénonce « le mépris » de la direction et son « refus catégorique d’accorder une prime de 1.000 euros ».

Ce mouvement concerne les activités logistiques pour la marchandise transportée par route mais pas le site de Roissy, qui avait été mis en demeure par l’inspection du travail de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les salariés face à l’épidémie.

La fédération CFDT du transport et de la logistique, premier syndicat du secteur, appelle les salariés à débrayer jeudi et à porter des brassards noirs « pour que l’État accorde une véritable gratitude à tous ces salariés de la deuxième ligne qui sont au front ». Elle demande au gouvernement d’aider les entreprises n’ayant pas les moyens d’accorder une prime à leurs salariés.

Interrogée par l’AFP, la direction de Fedex a confirmé « des actions de débrayage dans (les) sites de Bordeaux, Tremblay et Annecy » du groupe « pendant un temps limité (mercredi) matin », avant un retour « à la normale ».

Fedex emploie environ 8.500 personnes en France, dont 6.000 sur plus de 150 sites et 2.500 à Roissy, a précisé la direction.

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