Début mercredi d’une semaine de grève à Air France

PARIS, 25 juillet 2016 (AFP) – Les hôtesses de l’air et stewards d’Air France sont appelés à la grève à partir de mercredi, pour une semaine, faisant craindre à la compagnie des « perturbations » sur ses vols intérieurs et moyen-courriers en plein chassé-croisé estival.

Les premières prévisions de vols seront connues lundi, selon un porte-parole d’Air France.

Les syndicats SNPNC-FO et Unsa-PNC, revendiquant 45% des voix du personnel de cabine, ont maintenu vendredi leur préavis déposé jusqu’au 2 août, après une dernière séance de négociation marathon tenue la veille, sans succès.

Au coeur du conflit, le renouvellement de l’accord collectif des personnels navigants commerciaux (PNC) qui arrive à échéance fin octobre. La direction propose une reconduction quasi à l’identique de cet accord, mais pour une durée de 17 mois, jugée « insuffisante » par les deux syndicats.

Air France espère maintenir la majorité de son programme long-courrier mais redoute des « perturbations » probablement « plus marquées sur le court et moyen-courrier ».

Le moyen-courrier inclut les vols européens, ainsi que ceux opérés depuis et vers l’Afrique du Nord (Algérie, Maroc et Tunisie) ou Israël, ainsi que quelques vols locaux en Asie et Afrique.

« Les vols Air France opérés par un avion d’une autre compagnie, dont HOP!, KLM et Delta, ainsi que les vols Transavia ne sont pas concernés », précise la compagnie.

L’été dernier, Air France opérait chaque jour en moyenne 1.000 vols avec 140.000 passagers à bord.

Le nouveau PDG du groupe Air France-KLM, Jean-Marc Janaillac, avait réussi à lever in extremis une grève des pilotes fin juin, proposant le gel de certaines mesures salariales décriées en échange d’une trêve sociale jusqu’au 1er novembre.

Mais cette fois, la compagnie ne devrait pas pouvoir éviter un conflit social particulièrement pénalisant en plein pic estival.

– ‘Obstination’ contre ‘aberration’ –

Les négociations débutées mi-avril avec les syndicats achoppent principalement sur la durée de l’accord d’entreprise qui fixe notamment les règles de travail, de rémunération et d’avancement.

La direction propose 17 mois, arguant que le contexte instable du transport aérien ne lui permet pas de s’engager au-delà de mars 2018. Les organisations réclament entre 3 et 5 ans, ou un accord à durée indéterminée, redoutant une nouvelle âpre négociation dans un an et demi.

« S’il est bon pour cinq ans, il est bon pour 17 mois », s’était justifié mi-juillet le DRH d’Air France, Gilles Gateau.

L’intersyndicale SNPNC/Unsa dénonce en retour « une obstination d’autant plus inadmissible que l’entreprise avait accepté de s’engager en 2013 sur une durée de 3 ans et demi alors que les comptes de l’entreprise étaient au plus bas ! »

Air France a renoué avec les bénéfices en 2015, une première depuis six ans attribuée aux efforts fournis par le personnel (modération salariale, perte de jours de repos, etc.), mais aussi au prix bas du pétrole.

Déclencher une grève en plein été, « au risque de compromettre le redressement » de la compagnie, est une « véritable aberration », a déploré dimanche dans les colonnes du Parisien le PDG d’Air France, Frédéric Gagey, « d’autant qu’il n’y a actuellement aucun couperet ».

L’entreprise cherche à « garder une certaine souplesse », reconnaît le président, mais l’accord proposé contient des « améliorations », selon lui: « des droits de congés ou des rémunérations consécutifs à des modifications de programme ont ainsi été revus à la hausse », dit-il.

Ce ne sont que des « mesurettes, sans aucune annonce concrète ni garanties », avait dénoncé plus tôt Sophie Gorins du SNPNC-FO.

L’Unac, qui s’est dissociée de la grève de mercredi, relève les « avancées » obtenues dans la négociation, « loin d’être négligeables » selon sa présidente Flore Arrighi, jointe par l’AFP. Mais le texte comporte encore « beaucoup d’imprécisions », nuance-t-elle.

A l’automne 2011, une grève des PNC d’Air France contre la réduction de certains équipages, avait été suivie par plus de la moitié d’entre eux, selon les syndicats. Sans toutefois provoquer de perturbations majeures, Air France ayant fait état de 90% des vols maintenus.

Fin 2015, la compagnie tricolore recensait près de 13.600 personnels commerciaux parmi ses quelque 50.000 salariés.

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