Dégressivité des allocations chômage des cadres: pas de « tabou », assure Philippe

PARIS, 26 août 2018 (AFP) – Edouard Philippe a indiqué dimanche n’avoir aucun « tabou » concernant l’évolution des règles de l’assurance chômage, n’excluant pas de « discuter » d’une dégressivité des allocations chômage des cadres, mesure proposée récemment par un député de la majorité.

« La question de la dégressivité des allocations chômage a été posée par le député (LREM) Aurélien Taché. Nous pouvons en discuter, nous n’aurons ni tabou ni présupposés », a déclaré le Premier ministre dans une interview au Journal du dimanche (JDD).

M. Philippe tient ces propos quelques jours avant de recevoir les partenaires sociaux à Matignon, notamment pour préparer une renégociation des règles de l’assurance chômage, qui devra aboutir d’ici à février.

« Je suis déterminé à avoir avec les partenaires sociaux une discussion sur la meilleure façon d’établir un système financièrement équilibré qui garantisse la justice sociale et favorise le retour à l’emploi », a-t-il ajouté.

« Partout où il y a des mécanismes qui n’incitent pas à retrouver rapidement un emploi, il faudra agir. Je dis bien partout », a-t-il insisté.

Le Premier ministre a, selon le JDD, adressé samedi une lettre aux partenaires sociaux pour préparer les rencontres. Il y défend une « remise à plat » de l’assurance chômage, pour que le régime soit « plus cohérent, plus efficace dans la lutte contre la précarité et plus favorable au retour à l’emploi ». L’objectif est également financier: « préserver la soutenabilité du régime au regard de son endettement important ».

Le député Aurélien Taché a évoqué cette semaine la possibilité d’une « dégressivité » des allocations pour les cadres supérieurs, estimant que la « justice sociale » ne consistait pas à « couvrir pendant deux ans des gens qui ont de très hauts revenus et pourraient trouver un emploi ».

Cette proposition a provoqué la colère de la CFE-CGC, le syndicat des cadres.

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