Dégressivité des allocations chômage: « un tabou »pour la CFE-CGC

PARIS, 30 août 2018 (AFP) – François Hommeril, président de la CFE-CGC, s’est insurgé jeudi contre l’idée d’une dégressivité des allocations chômage des cadres, « un tabou » pour son organisation et une idée assimilée à « du populisme ».

« Pour nous, c’est un tabou, sur tous les autres sujets nous n’avons pas de tabou », a-t-il lancé en sortant d’une réunion avec le Premier ministre Édouard Philippe, qui poursuivait jeudi des rencontres entamées la veille avec toutes les organisations patronales et syndicales sur la nouvelle réforme de l’assurance chômage et sur la santé au travail.

Sur cette idée de dégressivité des allocations chômage pour les cadres, avancée la semaine dernière par le député LREM proche de l’exécutif Aurélien Taché, Édouard Philippe avait indiqué dimanche qu’il « n’avait ni tabou ni présupposés ».

« Nous considérons que ceux qui se sont exprimés sur le sujet ont fait du populisme au sens propre du terme: ils désignent à la vindicte des autres catégories une catégorie particulière pour éviter que chacun regarde les vrais problèmes », a accusé M. Hommeril.

« C’est grave, c’est grossier, et j’ai répété au Premier ministre que je ne pouvais pas croire que le gouvernement, que le Premier ministre lui-même qui est un homme d’État, s’avancerait sur ce terrain », a-t-il poursuivi.

Ce projet est-il abandonné? « Je n’ai pas eu de confirmation formelle, ferme, définitive du Premier ministre que ce sujet là n’était pas un sujet à l’agenda », a-t-il dit, disant néanmoins avoir décelé « une réserve un peu rassurante » de la part du Premier ministre.

« Nous pensons que la dégressivité des allocations n’a pas d’impact économique positif, pour la raison que nous lisons les publications économiques », a-t-il dit, faisant référence au principe de dégressivité en général, pour toutes les catégories.

D’ailleurs, a-t-il dit, cette dégressivité existait avant et elle a été « supprimée » car elle « ouvrait des trappes à la précarité ». « Voyant leurs allocations décroître, les gens acceptaient n’importe quel emploi qui se trouvait être sous-qualifié par rapport à leur qualification d’origine, à nouveau le perdaient (…) et basculaient de plus en plus dans la précarité », a-t-il dit.

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