Dégressivité du chômage pour les cadres: la CFE-CGC dénonce une « stigmatisation »

PARIS, 29 septembre 2018 (AFP) – Le président de la CFE-CGC, François Hommeril, estime qu’avec la piste d’une possible dégressivité des allocations chômage pour les hauts salaires, évoquée jeudi soir par le Premier ministre Edouard Philippe, Matignon « tombe dans la stigmatisation des cadres ».

« Je suis déçu car le gouvernement se lance dans une opération de communication populiste », déclare M. Hommeril dans une interview publiée samedi par Libération.

« Le plus grave, ajoute-t-il, c’est de faire croire que la dégressivité des allocations chômage va faire baisser le chômage. C’est faux, toutes les études l’ont démontré ».

Le Premier ministre a déclaré jeudi sur France 2 que « dans certains cas », cette dégressivité pouvait être « envisagée », et « peut avoir du sens » pour ceux qui ont « une très forte employabilité, pour ceux qui ont des salaires très élevés ».

Selon le président de la centrale des cadres, les cotisations de ces derniers « représentent 42% des ressources » de l’assurance chômage, alors que les allocations qu’ils perçoivent n’en représentent que « 15% ».

« Que les cadres participent à la solidarité, c’est très bien! Mais il est inadmissible de les en exclure », s’indigne M. Hommeril, qui juge « stupéfiant » de voir le Premier ministre « tomber dans la stigmatisation des cadres » avec cette piste.

D’autant que « la réalité » selon lui, « c’est que nombre de cadres qui perdent leur place entre 45 et 65 ans ont du mal à retrouver un emploi équivalent ».

Pour le président de la CFE-CGC, ce qui coûte cher à l’assurance chômage, « ce sont les contrats courts: cela représente quatre à six milliards d’euros », souligne-t-il.

Les partenaires sociaux doivent s’engager dans une nouvelle négociation sur l’assurance chômage, voulue par le gouvernement, qui leur demande notamment de faire entre 3 et 3,9 milliards d’euros d’économies sur trois ans.

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