Dépendance: un rapport remis le 28 mars en vue d’une loi (Buzyn)

PARIS, 12 mars 2019 (AFP) – Le rapport issu de la concertation sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes sera remis au gouvernement le 28 mars, a annoncé mardi la ministre des Solidarités Agnès Buzyn, promettant de « passer à l’action » dans les semaines qui suivront, en vue d’une loi d’ici la fin de l’année.

Les enseignements de cette consultation « seront présentés dans le détail le 28 mars prochain, à l’occasion de la remise du rapport de Dominique Libault », président du Haut conseil du financement de la protection sociale, a précisé la ministre devant les Assises nationales des Ehpad à Paris.

Ces enseignements porteront sur les freins au maintien à domicile, la lourdeur des restes à charge pour les familles dont les proches séjournent en établissements, ou la dégradation des conditions de travail des professionnels, selon Mme Buzyn, qui s’est prononcée pour des « mesures fortes » qui « feront une différence dès l’année 2019 ».

« Dans quelques semaines, après la remise du rapport Libault, le gouvernement passera à l’action, pour apporter des solutions immédiates et des solutions de long terme », a ajouté Mme Buzyn.

Elle n’a pas dévoilé mardi les orientations du futur projet de loi mais insisté sur plusieurs points émanant de la concertation « d’ampleur inédite » lancée le 1er octobre et organisée autour d' »ateliers régionaux », de rencontres thématiques, de 10 groupes de travail et de 415.000 contributions recueillies sur internet.

Il en ressort « un besoin urgent et prioritaire de revalorisation des métiers de l’âge », ainsi que le constat d’un « reste à charge (…) important en établissement, et trop peu corrélé aux capacités contributives des personnes ou des familles », a relevé la ministre. Les participants demandent également « une plus grande égalité de traitement face à la diversité des pratiques des départements » en matière d’aides sociales.

Le gouvernement va s’efforcer de répondre à « une angoisse assez profonde des familles », celle de ne pas « être en capacité d’assumer une prise en charge correcte » de leurs proches en Ehpad, a souligné Mme Buzyn devant des journalistes.

Le rapport Libault abordera des « pistes de financement », cependant « ce n’est pas qu’une question de moyens », selon la ministre, pour qui la bientraitance des personnes âgées passe aussi par « la formation des professionnels et le management des carrières ». La future loi intégrera les recommandations d’un récent rapport sur la prévention des maltraitances, a-t-elle indiqué.

Elle s’est par ailleurs élevée contre la tendance « dans des reportages ou des livres », à dénigrer les établissements pour personnes âgées, en soulignant leurs manquements ou les carences dans la prise en charge de leurs pensionnaires. Cet « Ehpad-bashing » est « injuste » car la qualité de la prise en charge « n’a jamais été autant contrôlée », et il est « contre-productif », selon Mme Buzyn, car il risque d' »inquiéter », voire de « culpabiliser » des familles qu’il faut au contraire « soutenir ».

D’ici à 2050, la France comptera près de 5 millions de plus de 85 ans, contre 1,5 aujourd’hui. Face à ce choc démographique, les dépenses liées à la dépendance, estimées aujourd’hui à près 30 milliards d’euros annuels (24 milliards d’euros en dépenses publiques, le reste reposant sur les ménages), pourraient exploser.

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