Dernier conseil des ministres: Hollande recommande le dialogue social

PARIS, 10 mai 2017 (AFP) – François Hollande a souligné mercredi lors du dernier conseil des ministres de son quinquennat qu' »oublier le dialogue social » peut « coûter cher », dans un message implicite à son successeur, Emmanuel Macron, qui prévoit de gouverner par ordonnances au début de son mandat.

Le président de la République a estimé que « le dialogue social avait été un sujet, un marqueur très fort » de son quinquennat, ajoutant qu' »à chaque fois qu’on l’oubliait cela pouvait coûter cher », a rapporté le porte-parole du gouvernement et ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.

Le chef de l’Etat sortant a aussi observé que « le jour où on a oublié que le dialogue social était une nécessité, on l’a chèrement payé », avait déclaré peu auparavant le secrétaire d’Etat aux Transports Alain Vidalies à la sortie du Conseil, dans une probable allusion au recours au 49-3 sur la loi travail.

« Je pense que c’était à la fois une analyse lucide de ce qui s’était passé, ou peut-être un message pour ceux qui viendront après », avait commenté M. Vidalies.

Selon M. Le Foll, François Hollande a également défendu son bilan, un oeil sur son successeur, lors d’un ultime Conseil des ministres, qui s’est conclu par des « applaudissements debout » de l’ensemble des membres du gouvernement, 17 ministres et 20 secrétaires d’Etat.

Après avoir exprimé ses remerciements au gouvernement en ce 10 mai 2017, jour anniversaire de la victoire de François Mitterrand en 1981, le chef de l’Etat sortant a rappelé que « l’enjeu » de sa présidence avait été « de redresser un pays qu’on avait trouvé dans un état dégradé », toujours selon le porte-parole du gouvernement.

Il s’agissait aussi de « rendre la société plus juste » et de « porter l’enjeu climatique », a poursuivi le locataire de l’Elysée.

Evoquant implicitement son successeur Emmanuel Macron, il a défendu une « idée » de la France qui « dépasse les personnes, les moments », et « souhaité aux plus jeunes de pouvoir reprendre et de pouvoir faire fructifier cette idée (…) de la justice sociale » et de « l’écologie ».

M. Hollande a également rappelé les « drames » de son quinquennat, tout particulièrement son arrivée devant les locaux de la rédaction décimée de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, ou la soirée « terrible » du 13 novembre avec les attentats contre le Bataclan, les terrasses de café et le Stade de France à Saint-Denis.

Il est également revenu sur l’engagement des troupes françaises au Mali, en Syrie ou en Irak ainsi que sur les « enjeux européens », toujours selon le porte-parole.

A l’actif de son mandat, François Hollande a notamment mis la « création de 60.000 postes (dans l’Education nationale) qui sera effective », la réforme des retraites ou les « investissements très importants dans la sécurité », mesures toutes « financées ».

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