Des agents du ministère du Travail mobilisés contre la baisse des effectifs

AUBERVILLIERS, 18 mai 2017 (AFP) – Environ 150 agents du ministère du Travail ont manifesté jeudi devant leur direction régionale en Ile-de-France, dans le cadre d’une journée d’action nationale contre des suppressions de postes, notamment d’inspecteurs du travail, au lendemain de la prise de fonction de leur nouvelle ministre Muriel Pénicaud.

Les agents, auxquels se sont joints quelques travailleurs sans-papiers, se sont rassemblés dans le calme à l’appel de l’intersyndicale du ministère du Travail (CGT-SUD-FO-FSU-CFDT-Unsa-CNT) devant le siège de la Direccte d’Ile-de-France à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), a constaté une journaliste de l’AFP.

Des rassemblements et débrayages étaient organisés dans d’autres Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi) à travers la France.

Contacté par l’AFP, le ministère n’avait pas réagi dans l’immédiat.

Le mouvement, décidé il y a plusieurs semaines, intervient « par hasard » au lendemain de la prise de fonction de la nouvelle ministre, mais « tombe finalement bien », a commenté Dominique Balmès, de la CFDT.

Il vise à dénoncer une réorganisation des services du ministère annoncée début mai et qui prévoit « 150 suppressions de postes d’ici à 2018 », a expliqué Julien Boeldieu, représentant CGT.

« Cette annonce est survenue alors que depuis 2009, les effectifs ont déjà été réduits de près de 20% », pour atteindre environ « 8.000 postes en équivalent temps plein » sur l’ensemble des services, a-t-il détaillé.

En Ile-de-France, 49 sections d’inspection du travail vont être supprimées sur un total de 468. Les syndicats redoutent une « augmentation de la charge de travail » des inspecteurs, et au final « une baisse des contrôles des entreprises », selon Julien Boeldieu, « pas rassuré » par l’arrivée de Muriel Pénicaud rue de Grenelle « car elle est issue des milieux patronaux ».

Le nombre d’inspecteurs spécialisés dans la lutte contre la fraude au détachement a, lui, augmenté, mais via des « transferts d’effectifs », a ajouté Mornia Labssi, de la CGT.

Outre les suppressions d’effectifs, les syndicats s’inquiètent du fait que de nombreux postes restent vacants et ne font l’objet « d’aucun recrutement ».

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