Des cheminots envahissent les négociations du rail, réunion arrêtée

PARIS, 13 avril 2016 (AFP) – Un groupe de manifestants, porteurs notamment de drapeaux SUD-rail, a envahi mercredi à Paris une réunion de négociations visant à élaborer une convention collective commune à tous les travailleurs du rail et la séance a été arrêtée, a-t-on appris de sources concordantes.

Selon la CFDT-cheminots, une cinquantaine de personnes ont fait irruption en début d’après-midi dans la salle et les négociateurs ont décidé de « plier » la séance, entamée la veille.

Il s’agissait « de salariés a priori du groupe ferroviaire et très majoritairement SUD-rail », a précisé à l’AFP le syndicat en qualifiant l’action de « pas du tout constructive, et immature ».

Dans une vidéo diffusée sur le compte facebook de la CGT-cheminots Paris Austerlitz, l’on peut voir quelques dizaines de personnes envahir la salle des négociations en chantant « ça va péter », puis « cheminots, étudiants, précaires, salariés de droit privé, tous ensemble, grève générale ». « On va arracher des chemises », crie un des manifestants.

Outre des drapeaux SUD-rail, un étendard aux couleurs de la CGT-cheminots est visible.

L’irruption et la fin de la réunion a été confirmée par un représentant de l’UTP (qui regroupe la SNCF et les entreprises privées).

Selon ce représentant, un vigile aurait été molesté et transporté à l’hôpital.

Alors que les syndicats envisagent un appel conjoint à la grève le 26 avril pour défendre les conditions de travail des cheminots, la CFDT accuse SUD-rail « d’avoir saboté la réunion ».

Quelques heures avant, SUD-rail (et FO, non représentatif) avaient appelé les cheminots à manifester à proximité du lieu des négociations, près de la gare Montparnasse. Environ 350 personnes ont pris part à ce rassemblement, selon la police, pour réclamer que la future convention collective soit alignée sur la réglementation interne à la SNCF.

Envahir la réunion a été « le choix des manifestants » que SUD a « accompagné », a précisé à l’AFP un délégué du syndicat contestataire.

Les discussions de branche sur le volet des règles d’organisation du travail avaient difficilement débuté mardi.

La prochaine séance est prévue le 26 avril. L’Unsa a décidé mercredi de s’associer à une grève unitaire ce jour-là. La CFDT doit prendre sa décision jeudi.

Elles sont censées aboutir d’ici à fin juin à une convention collective commune pour les salariés du secteur (fret/voyageurs, SNCF/privé) afin que l’ouverture totale à la concurrence se déroule dans de bonnes conditions (de sécurité et sans dumping social).

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