Des chômeurs manifestent contre le renforcement des contrôles

PARIS, 21 mars 2018 (AFP) – Une soixantaine de personnes ont manifesté mercredi à Paris, à l’appel d’associations de chômeurs, contre le renforcement des contrôles annoncé par le gouvernement, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les manifestants se sont réunis à 10H40 devant une agence de voyage près de la place de la République. Certains étaient vêtus de chapeaux de paille, de bermudas, de chemises à fleurs et d’autres accessoires de plage, en réponse au propos de Damien Adam, un député LREM qui avait évoqué en novembre « certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l’assurance chômage », avant de s’excuser.

Ils s’élèvent contre le projet du gouvernement de quintupler les effectifs de contrôleurs à Pôle emploi et de réformer l’échelle des sanctions.

« Sur quel débat on retombe ? Celui qui existe de manière récurrente depuis 30 ans : le contrôle des chômeurs. Avec à chaque fois son lot de nouvelles sanctions, un peu plus dures, contre des gens qui sont déjà fragilisés », s’insurge Malika Zediri, de l’Association pour l’emploi, l’information et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires (Apeis).

Elle dénonce notamment l’expérimentation, à partir de juin 2019 dans deux régions, d’un « journal de bord », dans lequel les chômeurs devront renseigner chaque mois tous leurs actes de recherche d’emploi. « Mais qui on est ? On est des gosses ? C’est le contrôle continu ? » s’énerve-t-elle.

Catherine Quentier, d’Agir ensemble contre le chômage (AC!), fustige des « mesures complètement aberrantes ». Le gouvernement « multiplie le nombre de contrôleurs alors que le personnel de Pôle emploi est déjà débordé de travail », déplore-t-elle.

« Ils disent qu’une minorité de chômeurs fraudent. Si c’est une minorité, pourquoi on multiple les contrôles ? Cela stigmatise une population qui n’en a pas besoin », regrette Claire Pauchet, du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP). Selon elle, les associations de chômeurs ont « demandé plusieurs fois à être reçues par la ministre » du Travail Muriel Pénicaud, en vain. « On est sur le terrain, on pourrait lui expliquer ce que c’est qu’un chômeur qui cherche du boulot et qui n’en trouve pas. »

Pour Muriel Wolfers (CGT-Chômeurs), « les sanctions ne vont pas créer d’emplois ». Selon elle, la réforme du gouvernement annonce, à terme, la « disparition programmée de l’indemnisation » chômage.

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