Des intermittents du spectacle ont fait irruption au siège du Medef

PARIS, 7 juin 2016 (AFP) – Au moins une soixantaine d’intermittents du spectacle ont fait irruption mardi au siège du Medef avant d’être délogés dans un calme relatif, a-t-on appris de sources policières et par une journaliste de l’AFP.

Les manifestants, venus à l’appel de la Coordination des intermittents et précaires, ont pénétré dans les locaux de l’organisation patronale, dans le VIIe arrondissement de Paris, où devait se tenir un colloque sur le contrôle fiscal des entreprises, a constaté une journaliste de l’AFP. Ils entendaient protester contre le projet de loi travail et demander l’application de l’accord Unedic pour les intermittents.

Le Medef a annoncé en fin d’après-midi dans un communiqué qu’il porterait plainte contre les auteurs de ces actes.

Selon la police, une soixantaine de militants de la CGT ont envahi vers 14H00 le siège du Medef, où ils ont déployé une banderole. Selon les manifestants et le Medef, ils étaient une centaine.

Les forces de l’ordre les ont fait sortir au fur et à mesure, dans un calme relatif, a constaté la journaliste de l’AFP. Les derniers manifestants ont été embarqués par la police environ deux heures après le début de l’action.

La coordination des intermittents et précaires a appelé sur les réseaux sociaux à un rassemblement devant le commissariat du XVIIIe arrondissement où les manifestants ont été emmenés pour demander leur libération immédiate.

Selon des informations recueillies par l’AFP, un responsable de la sécurité du Medef et un intermittent du spectacle ont échangé des coups, mais les deux parties se renvoient la balle quant à savoir qui a commencé.

Le responsable de la sécurité du Medef « n’a pas hésité à asséner des coups violents contre des militants », a déclaré la CGT dans un communiqué.

Ce responsable a été emmené à l’hôpital pour des contrôles, a indiqué de son côté à l’AFP le Medef.

Les manifestants ont déployé sur la façade du bâtiment une banderole proclamant: « le déficit de l’Unedic masque les profits du patronat ».

« Nous voulons empêcher la tenue de ce colloque et rester le plus longtemps possible », a déclaré à l’AFP Maxime, un membre de la coordination des intermittents et précaires Ile-de-France, qui a été empêché par la police d’entrer dans le bâtiment. De fait, le Medef a décidé de reporter le colloque à une date ultérieure.

« Nous voulons montrer que les intermittents et précaires sont aussi touchés que l’ensemble des salariés par la loi Travail », a indiqué Maxime.

Ces deniers ont également réclamé l’application de l’accord Unedic conclu le 28 avril.

« Il est important qu’avant le festival d’Avignon, l’accord soit appliqué intégralement à partir du 1er juillet », a poursuivi Maxime, en avertissant que « la grève est en train de monter dans le pays ».

« Tout le monde est prêt à mettre en péril ses spectacles, ses festivals », a-t-il affirmé.

Pour entrer en vigueur, l’accord conclu par la branche du spectacle doit recevoir l’aval des partenaires sociaux qui négocient la convention chômage. Le 31 mai, le Medef et les syndicats CFDT, CFTC et CFE-CGC n’ont pas donné leur accord, demandant à l’État de « garantir le respect de la trajectoire financière figurant dans le document de cadrage ».

Les partenaires sociaux demandent 185 millions d’euros d’économies à la profession, dont 80 millions compensés par l’État.

« Le dialogue, c’est un échange, pas des violences, des dégradations, des blocages et de l’intimidation », a déclaré le numéro un du Medef, Pierre Gattaz, cité dans un communiqué. Il a fustigé l' »attitude irresponsable de certains syndicats, la CGT et FO en tête ».

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