Des mécaniciens d’Air France en conflit avec la direction

PARIS, 17 janvier 2018 (AFP) – Des mécaniciens d’Air France sont en grève ponctuellement depuis décembre pour dénoncer des écarts de salaires avec des collègues récemment embauchés, ainsi que des rémunérations trop faibles, des accusations que la direction a rejetées mercredi auprès de l’AFP.

Assemblées générales, arrêts de travail d’un jour ou de plusieurs heures, comité d’établissement envahi… Depuis son lancement, le mouvement est « très suivi » parmi les 2.000 mécaniciens « avions » travaillant sur les pistes ou dans les hangars, principalement à Roissy, selon Jérôme Beaurain de SUD-Aérien.

A l’origine du conflit, l’embauche de mécaniciens touchant, à ancienneté équivalente, « au moins 300, 400 euros supplémentaires par mois » par rapport aux salariés déjà en place. De premières offres d’emploi n’ont pas trouvé de candidats car, dit-il à l’AFP, elles proposaient « des salaires équivalents aux nôtres », donc « inférieurs au marché ».

Une négociation qui devait se tenir jeudi après-midi entre SUD et la direction a finalement été annulée par cette dernière, « les conditions fixées » n’étant « pas réunies pour cette bilatérale », argumente-t-elle dans une lettre consultée par l’AFP.

La direction évoque un tract du syndicat mentionnant une prolongation du préavis de grève, et invite SUD à « rétablir une situation apaisée favorable (…) à la poursuite du dialogue social ».

SUD devait présenter, lors de cette réunion reportée sine die, un « nouveau modèle de rémunération », imaginé par le personnel gréviste.

« Les rémunérations sont cohérentes avec les standards de l’industrie », a rétorqué la direction d’Air France dans une réponse écrite à l’AFP.

La Direction générale industrielle (DGI) d’Air France « a réalisé près de 500 embauches au cours des deux dernières années », affirme-t-elle sans indiquer les métiers concernés. « Ces recrutements sont effectués dans le respect des conventions, en fonction du profil, des compétences et de l’expérience de chacun ».

Elle précise que « toutes les questions de rémunération seront abordées, comme il est d’usage, lors des négociations annuelles obligatoires » qui se tiendront, selon des sources syndicales, les 23 et 26 janvier.

Les deux parties, enfin, s’opposent sur l’impact du mouvement.

La direction le juge « très limité » pour les passagers. Le syndicat relève « plusieurs vols annulés ou retardés pour cause de maintenance » et une augmentation des « tolérances techniques » (anomalies qui n’empêchent pas un avion de décoller), ce que des pilotes confirment dans des communications internes, consultées par l’AFP.

« L’entretien des avions est assuré en toute sécurité, en accord avec les normes en vigueur de l’avion civile », a précisé la direction.

jta-la/shu/cam