Des postiers rennais vont reprendre le travail après 132 jours de grève

RENNES, 18 mai 2018 (AFP) – Les postiers du bureau de Rennes Crimée, d’où est partie en janvier une mobilisation contre la réorganisation des journées de travail, reprendront le travail mardi après 132 jours de grève, a-t-on appris vendredi de source syndicale.

La CGT FAPT 35 a annoncé dans un communiqué avoir signé « un protocole de reprise du travail qui prendra effet les 22 et 23 mai », qui met « fin au conflit le plus long qu’ait connu le département ».

« Le protocole de reprise du travail prévoit que la future organisation quotidienne du travail au sein de la plate-forme de distribution du courrier de Rennes Crimée comportera des positions de travail sans coupure déjeuner et des positions de travail intégrant une coupure déjeuner de 45 minutes », a précisé dans un communiqué la direction des services courrier-colis Bretagne de La Poste.

« Ce protocole de reprise du travail prévoit également le comblement immédiat de 5 postes vacants » au sein de cette plate-forme, a ajouté la direction.

Les postiers bretons protestent depuis quatre mois contre le principe des « tournées sacoches » que la direction souhaite généraliser et qui les obligeraient à passer plus de temps à l’extérieur. Ils dénoncent aussi l’instauration d’une pause méridienne de 45 minutes non rémunérée qui équivaut, selon eux, à une double journée de travail, ainsi que la suppression de 10 à 15% des tournées.

« La mise en place de la pause méridienne obligatoire est abandonnée », se félicite la CGT, qui annonce avoir « gagné la transformation de 5 CDD en CDI ».

Dans un communiqué distinct, SUD-PTT estime que l’accord est toutefois « loin de satisfaire » les facteurs, jugeant « catastrophique » la gestion du conflit par la direction.

« Au bout de 132 jours de grève, les avancées sont minimales », estime le syndicat SUD, qui réclame toujours « une négociation départementale » faute de quoi « les conflits locaux vont se multiplier au gré du calendrier des réorganisations établies par la direction sur 18 mois », prévient-il.

Rennes Crimée est le bureau le plus mobilisé depuis le début du conflit, avec un taux de 80% de grévistes, selon la CGT.

« Ce bureau était le seul en grève illimitée. Une quinzaine d’autres bureaux du département se sont ensuite greffés sur le mouvement avec des mobilisations plus sporadiques », a précisé à l’AFP Philippe Charles, délégué CGT.

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