Des RTT solidaires au sein d’associations caritatives pour recréer du lien entre salariés

PARIS, 11 octobre 2016 (AFP) – Donner une journée de RTT pour aider une association caritative en découvrant par la même occasion le bénévolat et des collègues qu’ils n’auraient sinon jamais croisés: c’est ce que propose une scop qui a convaincu plusieurs grands groupes de sa démarche.

Les salariés des entreprises intéressées peuvent ainsi s’inscrire à une ou plusieurs journées d’immersion totale au sein d’associations caritatives de recyclage, réinsertion, dans des foyers d’hébergement ou au sein d’écoles de la deuxième chance, expliquent à la presse Arnaud Fimat et Ségolène Delahalle, fondateurs en 2012 de cette scop (société coopérative et participative) baptisée « Ca me regarde » et qui compte trois salariés.

Une fois le projet défini avec l’entreprise, les salariés volontaires posent une journée de RTT, de récupération ou de congé payé. Le jour J, ils peuvent tout aussi bien monter un atelier recherche d’emplois pour des jeunes, aider aux tâches d’une épicerie solidaire, trier des vêtements ou des objets, nettoyer un espace naturel, réhabiliter les locaux d’un centre d’hébergement ou concevoir une campagne de communication pour une association.

Vingt journées ont ainsi été organisées cet automne avec 150 inscrits chez Covea, groupe mutualiste d’assurances qui réunit la GMF, la MAAF et MMA et compte plus de 20.000 collaborateurs, explique Renaud Pesesse, responsable aux ressources humaines. Il se félicite des « très bons retours » des participants qui ont « vécu ensemble une expérience forte sans laquelle ils ne se seraient jamais croisés ».

Chez Sanofi, 110 salariés lyonnais ont testé l’expérience sur cinq journées et « certains ont souhaité la poursuivre », dit Christophe André, un des responsables de ces questions au sein du groupe. Il y voit « l’occasion de développer le rôle social de l’entreprise », de « recréer du lien » et de « la cohésion » au sein des équipes. « Ca permet des rencontres improbables », ajoute-t-il, estimant que cette expérience « réhumanise l’entreprise ».

Chez Mercer, groupe américain en conseil qui compte 300 salariés en France auxquels sont offerts ces RTT solidaires, une douzaine puis 35 y ont participé en deux ans avec Emmaüs et le Samu social de Paris, dit Laetitia Mortreuil. A l’instar de ses homologues, l’entreprise se défend d’utiliser cette initiative pour son image et parle de « bien-être au travail ».

Une soixantaine d’associations et 74 entreprises ou groupes ont fait appel à « Ca me regarde », parmi lesquels La Poste, Deloitte, BNP Paribas, Lagardère, Paul ou Suez, selon ses fondateurs.