Des salariés isérois à Paris lundi pour défendre leur projet de Scop

PARIS, 9 septembre 2016 (AFP) – D’anciens salariés d’une PME iséroise en liquidation, qui occupent leur usine depuis mi-juin, demandent au ministre de l’Economie de les recevoir lundi et de soutenir leur projet de reprise sous forme de coopérative, a-t-on appris vendredi.

« Nous demandons l’effacement de la dette sociale » d’Ecopla, a expliqué à l’AFP Christophe Chevalier, l’un des porteurs du projet, ancien délégué CGT de l’usine.

Confrontée à des problèmes de trésorerie, l’entreprise Ecopla, seul fabricant français de barquettes en aluminium, a été liquidée fin mars après seulement trois semaines d’observation et ses 77 salariés licenciés dans la foulée.

Vingt-cinq d’entre eux ont monté un projet de société coopérative et participative (Scop) pour reprendre la PME basée à Saint-Vincent-de-Mercuze (Isère). Mais leur offre de reprise n’a pas été retenue par le tribunal de commerce de Grenoble, qui a préféré le 16 juin celle de l’Italien Cuki Cofresco, concurrent d’Ecopla.

Celui-ci proposait 1,5 million d’euros pour les machines et les moules, l’équivalent de la créance auprès du régime de garantie des salaires (AGS), quand les salariés ne proposaient que 100.000 euros.

Le projet de Scop, pour lesquels les salariés affirment avoir levé 2,3 millions d’euros, prévoit la reprise de 20 à 30 salariés dans l’immédiat, de 50 d’ici à trois ans.

Depuis la décision du tribunal, dont ils ont fait appel, une poignée de salariés se relaient pour occuper le site et « surveiller l’outil de travail pour ne pas qu’il s’en aille ». Leur appel, non suspensif, sera examiné le 5 octobre, selon M. Chevalier.

En attentant, ils demandent à Michel Sapin et son nouveau secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, de « montrer davantage de compétence que leur prédécesseur » Emmanuel Macron et ont prévu de se rendre lundi à 9H00 à Bercy.

Leur demande de rendez-vous n’a pas obtenu de réponse, selon M. Chevalier. Sollicité par l’AFP, le ministère n’était pas en mesure de communiquer dans l’immédiat.

Ils manifesteront également lundi à 14H00 au siège d' »En marche! », le mouvement de l’ancien ministre Emmanuel Macron, qui « n’a rien fait pour nous aider » alors que « des salariés qui se battent comme ça pour l’emploi, c’est assez exceptionnel ».

Leur démarche est soutenue par le journal alternatif Fakir et son rédacteur en chef, François Ruffin, réalisateur du film « Merci patron ». Ils seront présents à la Fête de l’Huma jusqu’à dimanche pour chercher des soutiens.

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