Des solutions pour Alstom Belfort « dans les jours à venir » (gouvernement)

 PARIS, 22 septembre 2016 (AFP) – Des solutions pour maintenir la production de trains chez Alstom Belfort seront présentées « dans les prochains jours » par le gouvernement, a promis Stéphane Le Foll jeudi, alors que la semaine à venir s’annonce décisive pour le groupe.

Le secrétaire d’Etat à l’industrie, « Christophe Sirugue, travaille avec l’ensemble des acteurs pour trouver et présenter les solutions qui doivent répondre à l’objectif qui a été arbitré par le président sur le maintien de l’activité à Belfort », selon le porte-parole du gouvernement.

Ces solutions seront annoncées « dans les jours qui viennent », a ajouté M. Le Foll, sans confirmer la date du 30 septembre évoquée dans la presse.

Le calendrier s’est précisé ces derniers jours avec l’annonce d’un comité central d’entreprise (CCE) extraordinaire, d’une audition du patron du groupe à l’Assemblée nationale et d’une réception des syndicats à Bercy.

Le CCE extraordinaire, consacré au sort de l’usine de locomotives de Belfort, est convoqué pour lundi après-midi au siège du groupe à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

Un second CCE, celui-là ordinaire, suivra mardi matin. Les 9.000 salariés des douze sites français sont appelés à la grève le même jour et une manifestation est prévue à Saint-Ouen à 11H00.

L’intersyndicale (CFE-CGC, CGT, CFDT, FP) a affrété un TGV pour les salariés des usines de Belfort et d’Ornans (Doubs), avec le concours des collectivités locales.

Le PDG d’Alstom, Henri Poupard-Lafarge, sera ensuite auditionné par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, mardi à 13H45.

Enfin, le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue, doit recevoir les syndicats à Bercy, la date du vendredi 30 septembre étant pressentie de source syndicale.

Une rencontre entre MM. Sirugue et Poupard-Lafarge n’est pas encore à l’ordre du jour, mais ils ont eu l’occasion de se croiser jeudi à Berlin, au salon européen de l’industrie ferroviaire, Innotrans.

Les deux hommes ne se sont officiellement pas revus depuis la convocation du PDG à Bercy le 8 septembre, au lendemain de l’annonce du projet d’Alstom pour Belfort.

La décision du groupe de transférer les activités d’ingénierie et de production de son site historique vers celui de Reichshoffen (Bas-Rhin) a provoqué un bras de fer avec l’exécutif, François Hollande faisant du sauvetage de Belfort un « objectif ».

En coulisses, le gouvernement a mis la pression sur la SNCF, priée de conclure au plus vite une négociation avec Alstom pour l’achat de six TGV destinés à la ligne Paris-Turin-Milan.

« Je m’occupe de ça aujourd’hui », avait assuré à la mi-septembre le secrétaire d’Etat aux Transports, Alain Vidalies, estimant que cette commande fournirait « au moins dix mois » de travail supplémentaires à Belfort.

Par ailleurs, Europe 1 a affirmé jeudi que le gouvernement discuterait d’une éventuelle reprise de certains salariés du site d’Alstom par General Electric, qui dispose lui-même d’importantes activités à Belfort.

Une information démentie par le géant industriel américain, qui reconnaît que des discussions ont eu lieu à Bercy mais soutient qu’il s’agissait d’un « point d’étape » sur son « engagement de créer 1.000 emplois nets sous trois ans », après le rachat fin 2015 de la branche énergie d’Alstom.

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