Des travailleurs indépendants rassemblés contre les « dysfonctionnements » du RSI

PARIS, 28 novembre 2016 (AFP) – Près de 200 travailleurs indépendants ont manifesté lundi à Paris à l’issue d’une marche de trois semaines pour protester contre les « dysfonctionnements » du régime social des indépendants (RSI), accusé de « mettre en péril » de nombreuses entreprises.

Les manifestants, réunis à l’appel de l’association Sauvons nos entreprises, se sont rassemblés sur le Champ-de-Mars, derrière une banderole sur laquelle était écrit « Non au racket ».

Ils ont défilé jusqu’à l’Assemblée nationale en réclamant des baisses de cotisations et une meilleure prise en compte de leur situation par les autorités.

« Aujourd’hui, le taux de cotisation est en moyenne de 47,7%. On est pris à la gorge », a assuré à l’AFP Serge Renaud, vice-président de Sauvons nos entreprises, critiquant par ailleurs l’existence de « problèmes de gestion persistants » au sein du RSI.

« Il y a des erreurs dans les demandes de cotisations, il y a des recouvrements forcés, il y a des cartes vitales non distribuées… Ca fait cinq ans qu’on le dit, mais on n’a pas l’impression que les choses avancent », a-t-il ajouté.

Ce rassemblement est venu couronner deux marches de trois semaines, partie l’une de Niort et l’autre du Mont-Saint-Michel, auxquelles ont participé une vingtaine de manifestants.

Créé en 2006, le RSI, auquel sont rattachés les chefs d’entreprise indépendants (artisans, commerçants, professionnels libéraux) et leurs ayants droit, compte 6,8 millions d’affiliés. Il a versé 18 milliards d’euros de prestations en 2015.

De nombreux dysfonctionnements ayant mis en péril des entreprises étaient apparus à partir de la réforme de 2008 qui avait créé un « interlocuteur social unique ». En 2012, la Cour des comptes avait qualifié le RSI de « catastrophe industrielle ».

Face au mécontentement, le gouvernement a pris une série de mesures afin de simplifier les démarches des assurés et mieux ajuster les acomptes de cotisations, qui sont désormais fonction des revenus de l’année précédente.

Des initiatives qui ont permis une amélioration de la situation, mais que Sauvons nos entreprises, qui milite pour la mise en place d’un mode de calcul basé sur l’auto-déclaration trimestrielle, juge « insuffisantes ».

« Il faut qu’on aille plus loin », assure Nicolas Quirin, fleuriste à Caen. « Aujourd’hui, beaucoup de nos collègues sont confrontés à des défaillances de l’administration, et n’arrivent pas à se faire entendre », assure-t-il.

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