Des travailleurs sans papiers occupent le futur siège du journal Le Monde

PARIS, 27 février 2020 (AFP) – Une cinquantaine de travailleurs sans papiers occupaient pacifiquement jeudi au côté de leur syndicat (CNT-Solidarité Ouvrière) le chantier du nouveau siège du journal Le Monde à Paris, réclamant régularisation et hausse de salaires, a constaté un journaliste de l’AFP.

Principalement originaires du Mali mais aussi du Sénégal, de Guinée et de Côte d’Ivoire, les salariés travaillent pour deux sous-traitants d’Eiffage, CICAD et Golden Clean, en charge des travaux. Les employés des autres sous-traitants au projet continuaient à travailler dans le calme.

« Cette entreprise (Eiffage) ne donne ni bulletin de salaire, ni équipement individuel de sécurité. Elle se permet de faire ça parce que ce sont des sans-papiers. On est trois ou quatre siècles en arrière ! », a expliqué Étienne Deschamps, juriste à la CNT-SO.

« On veut leur régularisation et une hausse de leurs salaires. Payer 40 euros la journée ou la nuit de travail, allant parfois au-delà de sept heures effectuées, ce n’est pas normal », a-t-il poursuivi.

La CNT dénonce « la responsabilité sociale du Monde » dans cette affaire mais plusieurs travailleurs interrogés la rejette, affirmant que « seul Eiffage est responsable ».

Siku, originaire du Mali et qui travaille pour Eiffage depuis plus d’an, dénonce « l’exploitation » dont ses collègues et lui souffrent. « J’en ai marre, on travaille comme des animaux. On est exploité. Être payé aussi peu, en liquide, c’est un truc de malade », insiste-t-il.

« Si on n’a pas de réponse aujourd’hui, on va dormir ici. Et s’il faut rester 365 jours ici, on restera. On défend nos droits ! », lance un autre Malien, Badara, au milieu des travailleurs rassemblés dans une pièce où transitent les livraisons pour se protéger de la pluie.

Selon Étienne Deschamps, une rencontre est prévue à 16H00 entre Louis Dreyfus, président du directoire du journal Le Monde, et les représentants des deux sous-traitants mis en cause, CICAD et Golden Clean.

Contactée par l’AFP, la direction d’Eiffage n’était pas en mesure de répondre dans l’immédiat.

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