Des VTC dans la rue jeudi contre « l’humiliation » infligée par les plateformes

PARIS, 14 décembre 2016 (AFP) – Des centaines de chauffeurs VTC sont attendus jeudi à Paris pour réclamer une meilleure rémunération et dénoncer « l’humiliation » qui leur est infligée selon eux par les plateformes de réservation, Uber en tête.

Le syndicat SCP/VTC (affilié à l’Unsa) et les associations Capa-VTC et Actif-VTC, ont donné rendez-vous à 06H00 place de la Porte Maillot, pour un départ en milieu de journée en direction du siège d’Uber, rue de Cambrai dans le nord-est de Paris.

Capa-VTC dit attendre un mouvement d’ampleur, et évoque le nombre de 3.000 chauffeurs, dont des « confrères lyonnais, lillois, nantais et strasbourgeois ». « Il y a un réel ras le bol cette fois-ci », selon son président Helmi Mamlouk.

« Hausse de la tarification, baisse des commissions, (…) fin du salariat déguisé, fin de désactivation gratuite, fin des décisions unilatérales des applis… Nous voulons le respect!!! », résume Capa-VTC sur les réseaux sociaux.

La journée d’action servira à dire « stop aux 3,75EUR l’heure, aux commissions excessives, à la déconnexion abusive des chauffeurs par la plate-forme, à l’humiliation », avance le SCP-VTC, qui anticipe de son côté entre 500 et 1.000 chauffeurs. Le syndicat s’en prend à la première plateforme de réservation (« Ubériser pour régner ») et à la politique tarifaire dans la profession (« 360h/mois = un Smic ! Merci qui…? »), jugée trop défavorable aux chauffeurs.

La hausse des tarifs d’Uber annoncée le 8 décembre a été qualifiée de « fumisterie » et d' »effet d’annonce » par les associations de chauffeurs car le géant américain a relevé dans le même temps la commission prélevée sur chaque course. Et cette hausse, soulignent-ils, n’efface pas la baisse unilatérale de 20% du tarif à Paris, en octobre 2015, qui avait donné lieu à une vague de protestation.

L’association VTC de France s’est elle dissociée de cette action à la dernière minute. Anticipant « de la casse », elle a affirmé à l’AFP « privilégier la diplomatie à l’offensive » tant que les débats sur la loi Grandguillaume, censée apaiser les relations entre taxis et VTC, n’étaient pas clos et le texte définitivement voté.

De son côté, la fédération CFDT des transports a appelé les chauffeurs à « se déconnecter massivement » de la plateforme jeudi, sans appeler à manifester. Le syndicat a rencontré lundi la direction d’Uber. A l’issue de cette réunion – une première – Uber et la CFDT ont décidé d’ouvrir en 2017 des discussions visant à améliorer la rentabilité et la protection sociale des chauffeurs.

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