Désengagement de l’Etat: les départements « en danger » lancent une semaine de mobilisation

PARIS, 14 septembre 2016 (AFP) – Les départements « en danger » lancent du 19 au 24 septembre une semaine de mobilisation face au désengagement de l’État et à la diminution de leurs moyens d’action, a annoncé mercredi le président de l’Assemblée des Départements de France (ADF), Dominique Bussereau (LR).

Cette campagne, sous forme d’affichage ou d’annonces dans la presse locale, alertera l’opinion publique « sur ce que ne pourront plus faire les départements demain faute de moyens suffisants », a poursuivi le président du conseil départemental de la Charente-Maritime.

Elle se déroulera avant le congrès annuel de l’ADF qui se tiendra du 5 au 7 octobre, « pour faire monter la pression ». « Ce ne sera pas un congrès seulement pour râler, mais aussi un congrès pour faire des propositions », a souligné M. Bussereau.

Celles-ci sont encore en cours de préparation et seront dévoilées au congrès, puis mises en débat, a-t-il dit. Elles seront également présentées aux candidats à l’élection présidentielle, aux législatives, et aux sénatoriales de l’an prochain.

« Chaque département fera ce qu’il voudra pour cette campagne », a précisé M. Bussereau, reconnaissant que des départements dirigés par la gauche ne pourraient pas le suivre.

« Nous demandons autre chose que des dragées », a-t-il toutefois indiqué, rappelant qu l’an dernier, le gouvernement a accordé une rallonge de 50 millions d’euros pour compenser les dépenses du RSA, alors que cette année il leur manque 4,5 milliards pour cette seule prestation.

« Une dizaine de départements n’ont pas pu payer le RSA l’an dernier, cette année nous estimons qu’ils devraient être une quarantaine », a-t-il dit.

Le président de la République et le Premier ministre ont été invités au congrès et « nous jugerions discourtois et peu républicain que Jean-Michel Baylet, le ministre des collectivités, soit le seul représentant du gouvernement à s’y rendre », a prévenu M. Bussereau.

Pour Benoît Huré (LR, Ardennes), « le pacte républicain est menacé et il faut un débat national pour réfléchir à ce que sont les solidarités ». Olivier Richefou (UDI, Mayenne) a qualifié de son côté de « bombe à retardement » le vieillissement de la population et la hausse de l’allocation d’Accompagnement des personnes âgées (APA) qui dépend des départements qui allait en résulter.

De son côté, le groupe de gauche de l’ADF, présidé par André Viola (PS, Aude), a plaidé dans un communiqué en faveur d' »une allocation de solidarité unique et universelle fusionnant les minimas sociaux et permettant de lutter contre le non-recours aux droits ». « Pour cela, nous demandons au gouvernement de corriger les iniquités existantes quant au poids de cette protection sociale sur nos budgets », ajoutent ses membres qui reprochent à leurs collègues de droite « de communiquer à outrance et de stigmatiser nos concitoyens les plus en difficulté ».

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