Déserts médicaux: des maires de la Sarthe « interdisent » d’être malade

RENNES, 18 février 2020 (AFP) – Une dizaine de maires de la Sarthe ont signé un arrêté municipal symbolique interdisant de tomber malade, pour alerter sur les difficultés d’accès aux soins dans les zones rurales, a-t-on appris mardi auprès de l’association des maires ruraux du département.

Les arrêtés précisent qu’il « est interdit de vouloir bénéficier d’un accès urgent aux soins pour toute pathologie sur le territoire de la commune » ainsi que d’avoir « un accident ou un malaise grave sur le territoire de la commune » ou encore de « naître avec des problèmes de santé sur le territoire de la commune ».

Il est toutefois « autorisé de déménager dans le département des Alpes-Maritimes ou à Paris pour accéder à des services de santé efficients », ajoute le texte de l’arrêté.

« Nous voulons alerter les pouvoirs publics sur le manque de médecins dans notre département », a expliqué à l’AFP Dominique Dhumeaux, président de l’association des maires ruraux de la Sarthe et maire de Fercé-sur-Sarthe. « C’est la survie de notre territoire qui est en jeu. Il faut que le gouvernement prenne à bras le corps le problème », a-t-il plaidé, en déplorant que « personne ne s’empare du sujet ». « Nous, les maires, sommes seuls ».

Selon M. Dhumeaux, sur les 560.000 habitants de la Sarthe, « 70.000 sont sans médecin référent ». « L’éloignement des hôpitaux et des médecins augmente les risques de drame », dénonce-t-il.

Plusieurs solutions sont proposées par l’association: réduire la liberté d’installation des médecins généralistes, développer la télémédecine ou encore inciter les internes en dernière année de médecine à s’installer en zone rurale.

Le nombre de personnes vivant dans un territoire sous-doté en médecins généralistes est passé de 2,5 millions en 2015 à 3,8 millions en 2018, en raison notamment de nombreux départs en retraite, selon une étude de la Drees (service statistique des ministères sociaux) publiée vendredi.

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