Déserts médicaux: la proposition de loi NG rejetée en commission à l’Assemblée

PARIS, 10 janvier 2018 (AFP) – La proposition de loi contre la désertification médicale, présentée par les députés Nouvelle gauche, a été rejetée mercredi par la commission des affaires sociales de l’Assemblée, une majorité de parlementaires refusant de limiter la liberté d’installation des médecins libéraux.

Le texte visait à dissuader l’installation de praticiens supplémentaires dans les zones en « fort excédent », en menaçant de ne pas rembourser leurs patients, et à généraliser le tiers payant dans les maisons et centres de santé.

Mais ces mesures ont déjà été écartées par le gouvernement dans le budget de la sécurité sociale voté en décembre.

Les députés de la majorité sont restés sur cette ligne en commission, où seuls les amendements de suppression portés par Les Républicains ont été adoptés.

Restreindre la liberté d’installation est « une fausse bonne solution » pour Rémi Delatte, élu LREM et médecin, tout comme Julien Borowczyk, qui a critiqué un « traitement homéopathique » du problème, et comme Cyrille Isaac-Sibille (Modem), qui a estimé que « plus on contraindra les médecins libéraux, moins la médecine libérale sera attractive ».

« Il ne faut pas imposer, il faut libérer » et « inciter davantage », a abondé Josiane Corneloup, députée LR et pharmacienne.

Le texte a toutefois reçu le soutien des autres formations de gauche, le communiste Pierre Dharréville saluant une proposition qui « va dans la bonne direction » et Adrien Quatennens (LFI) affirmant qu’il y avait « urgence à remettre en cause » la liberté d’installation des médecins libéraux.

Malgré ce revers, la proposition de loi sera tout de même débattue en séance publique à l’Assemblée jeudi 18 janvier, dans le cadre d’une « niche » parlementaire réservée au groupe NG.

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