Dette sociale: un nouveau « trou de la Sécu » de 40 milliards en formation

PARIS, 16 octobre 2019 (AFP) – La dette historique de la Sécurité sociale sera bien remboursée d’ici 2024, mais les déficits récents et à venir vont continuer de s’accumuler, jusqu’à recréer un nouveau « trou » de 40 milliards d’euros en 2022, selon le secrétaire d’Etat Olivier Dussopt, qui juge cette situation « totalement gérable ».

Un « trou de la Sécu » peut en cacher un autre. L’expression désigne généralement les 260,5 milliards d’euros de dette transférés depuis 1996 à une caisse de défaisance (la Cades) et dont le remboursement définitif est prévu en 2024. Fin juin, il en restait encore 97,6 milliards à payer.

Mais une partie de l’ardoise reste gérée à court terme par l’agence qui assure la trésorerie de la Sécu (l’Acoss). Un reliquat « d’environ 23 milliards » actuellement, qui « pourrait atteindre 40 milliards en 2022 », a précisé M. Dussopt mardi soir devant la commission des affaires sociales du Sénat.

Ce solde correspond à la somme des déficits attendus entre 2019 et 2022, soit 17 milliards figurant noir sur blanc dans le budget de la Sécu présenté fin septembre par le gouvernement, qui a repoussé à 2023 l’équilibre des comptes initialement promis pour cette année.

Pas de quoi inquiéter le secrétaire d’Etat, pour qui « il n’y a pas de problème d’apurement de la dette à court terme », grâce à des taux d’intérêt « particulièrement bas ».

« Une remontée des taux est extrêmement peu probable même à moyen terme, d’après l’ensemble des études dont nous disposons », a-t-il ajouté, affirmant que, vu de Bercy, l’équation « paraît totalement gérable ».

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