Discours de Macron: Berger (CFDT) et Veyrier (FO) déçus

PARIS, 27 novembre 2018 (AFP) – Laurent Berger et Yves Veyrier, les numéros un de la CFDT et FO, sont sortis déçus du discours d’Emmanuel Macron sur la transition écologique, face à la gronde des gilets jaunes, regrettant la « faiblesse » des mesures.

Les deux dirigeants, de même que Philippe Louis, président de la CFTC, interrogés par l’AFP, ont tous les trois salué la décision du président de la République de maintenir le cap en matière de transition écologique.

« C’est nécessaire parce qu’il en va de l’avenir de l’humanité », a réagi Laurent Berger. « Si on infléchit le cap, c’est nos concitoyens qui le payeront et nos enfants », a de son côté souligné M. Louis.

La volonté d’Emmanuel Macron d’organiser une concertation avec les corps intermédiaires a également été bien accueillie, mais les leaders syndicaux se sont montrés prudents quant à la manière dont elle va se dérouler.

Il y a « une vraie affirmation du besoin de concertation des acteurs intermédiaires et organisation syndicales, patronales, associatives, des élus locaux, comme si tout d’un coup on s’apercevait du rôle que pouvaient tenir ces corps intermédiaires », a souligné M. Berger. « Tant mieux si c’est un changement de méthode, une inflexion, qui se vérifiera dans la capacité à les entendre dans les discussions à venir », a-t-il ajouté.

Sur les solutions proposées, la CFDT et Force ouvrière ont affiché leur frustration.

Il y a une « forme de déception de la faiblesse des mesures annoncées: il n’y a pas pour l’instant de réponses très concrètes », a regretté le secrétaire général de la CFDT, qui dans la matinée a développé dans un communiqué sa vision du « pacte de conversion écologique » à travers une trentaine de propositions.

De son côté, Yves Veyrier est resté sur « sa faim ».

« J’aimerais que le président de la République intègre un peu plus dans son discours syndicats et salaires, parce que l’augmentation des salaires n’est pas ennemie du climat », a-t-il dit à l’AFP.

« On est très engagés sur la question de la transition environnementale, mais ce qu’on porte depuis toujours, c’est qu’elle doit être juste socialement et pas se faire au détriment des salariés, des moins favorisés », a-t-il insisté.

Il a regretté qu’Emmanuel Macron n’ait pas annoncé de moratoire sur les taxes ou la généralisation de la prime transport réclamée depuis samedi par FO.

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