Discrimination à l’embauche: Renault veut coopérer avec le gouvernement

PARIS, 7 février 2020 (AFP) – Le constructeur automobile Renault, épinglé pour « présomption de discrimination à l’embauche » parmi sept entreprises françaises, a déclaré vendredi qu’il souhaitait coopérer avec les pouvoirs publics même s’il juge les résultats publiés jeudi non représentatifs de ses pratiques de recrutement.

« Renault entend participer au groupe de travail envisagé par les pouvoirs publics, pour renforcer l’approche méthodologique à employer dans le cadre d’une nouvelle vague de testing », a déclaré à l’AFP un porte-parole du groupe.

Le gouvernement a épinglé jeudi sept entreprises françaises – Air France, Accor, Altran, Arkéma, Renault, Rexel et Sopra Steria – pour « présomption de discrimination à l’embauche » à la faveur d’une campagne de testing qu’il avait commanditée.

L’étude, conduite par des chercheurs de l’université de Paris-Est-Créteil entre octobre 2018 et janvier 2019, a été mise en ligne vendredi. Le gouvernement a annoncé « une seconde vague de testing corrigeant les biais méthodologiques de la première vague en associant les parties prenantes à l’élaboration du cahier des charges, afin d’obtenir des résultats reflétant mieux les pratiques réelles des entreprises testées ».

Renault a assuré vendredi qu’il approuvait la démarche de lutte contre les discriminations qui a motivé l’étude. L’intention du gouvernement « est de vouloir renforcer la mobilisation des entreprises sur les enjeux de diversité et d’inclusion », a expliqué le porte-parole, y voyant une préoccupation prise en compte par le constructeur. « La diversité est un levier fondamental de performance. L’entreprise mène activement une politique d’inclusion », a-t-il affirmé.

Il estime d’ailleurs que les résultats de la première vague de tests publiés jeudi « ne sont pas généralisables et ne peuvent pas être considérés comme le reflet de la politique de ressources humaines » de l’entreprise.

Une source interne, contactée par l’AFP, a souligné le faible échantillon des tests. « Il faut être prudent sur les résultats », a-t-elle déclaré. Seuls 76 tests de candidatures ont été réalisés, un chiffre à comparer aux 100.000 CV reçus et traités chaque année par l’entreprise.

Par ailleurs, ces candidatures fictives ont été adressées à des personnes choisies de façon aléatoire. « Ce ne sont pas des recruteurs et donc ils ne passent pas par les dispositifs de formation et sensibilisation qui existent dans le groupe », a-t-on indiqué de même source.

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