« Du fric pour l’hôpital public! »: des centaines de manifestants devant un hôpital parisien

PARIS, 21 mai 2020 (AFP) – Plusieurs centaines de personnes, dont des soignants en blouse blanche, se sont réunis jeudi devant l’hôpital Robert Debré à Paris pour réclamer des « lits » et « du fric pour l’hôpital public », alors que le gouvernement prépare un nouveau plan santé.

A la mi-journée, pour cette opération « #jediscolère », plusieurs dizaines de soignants brandissaient des pancartes « blouses blanches colère noire » ou « managers technocrates, hors hôpital », au son des casseroles, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Autour, des gilets jaunes et des soignants, « les couturières du Pré » (le Pré-Saint-Gervais, commune de Seine-Saint-Denis jouxtant l’hôpital) et des élus comme le député LFI Eric Coquerel ou encore le sénateur communiste Pierre Laurent.

Au micro, Laurent, infirmier, du collectif Inter-Urgences, un collectif mobilisé depuis plusieurs mois, ne veut « pas de médailles » ou de « défilé » mais des « revalorisations de salaires ».

« Nous ne sommes ni des robots, ni des machines de guerre », lance ce soignant, près de trois mois après le début de l’épidémie de coronavirus, qui a vu l’hôpital public traverser, sans craquer, une crise sanitaire sans précédent.

Ces revendications de « revalorisations de salaires » et de « réouvertures de lits » sont partagées par le collectif « Le printemps de la psychiatrie », également présent, ainsi que par des soignants de l’hôpital Tenon à Paris, qui vont eux aussi se lancer dans des rassemblements similaires tous les jeudis à la mi-journée.

Entre deux prises de parole, l’assistance oscille entre « du fric, du fric pour l’hôpital public! » et le désormais célèbre « on est là, même si Macron ne veut pas nous on est là » chanté dans tous les rassemblements de « gilets jaunes ».

Infirmier anesthésiste à l’hôpital pour enfants Robert Debré et élu Solidaires à l’AP-HP (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), Philippe Tricaud raconte « la charge mentale » de la pandémie et la peur de contaminer ses proches, quand il faut rentrer chez soi après avoir « baigné dans le Covid ».

Quid du nouveau plan pour l’hôpital public que doit présenter le gouvernement d’ici mi-juillet, à l’issue du « Ségur de la santé »? « Déjà, Nicole Notat, on n’est pas rassurés », lance le responsable syndical, en référence à l’ancienne dirigeante de la CFDT, choisie pour piloter cette concertation.

Ce « Ségur », du nom de l’adresse du ministère de la Santé, sera ouvert lundi à 15h30 par le Premier ministre Edouard Philippe.

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