Du RMI au « revenu universel d’activité », à chaque quinquennat son revenu minimum

PARIS, 13 septembre 2018 (AFP) – Revenu minimum d’insertion, prime d’activité, garantie jeunes… Avant le « revenu universel d’activité » annoncé jeudi par Emmanuel Macron, les minima d’insertion se sont succédé au fil des présidences et ont évolué depuis 30 ans.

– Mitterrand et le RMI –

Lors du premier septennat de François Mitterrand, frappés par la montée inquiétante de la pauvreté accompagnant celle du chômage au début des années 80, les travailleurs sociaux plaident pour l’instauration d’un minimum social garanti. Lancée par le socialiste Michel Rocard dès 1985, l’idée d’un revenu minimum d’insertion est aussitôt inscrite dans les programmes présidentiels des candidats Mitterrand, Chirac et Barre.

Instauré par la loi en 1988, alors que Michel Rocard a pris les clés de Matignon, le RMI accorde une aide différentielle – seule la différence avec les revenus est versée – aux plus de 25 ans sans emploi, en échange d’un engagement à se réinsérer. Il est à l’époque fixé à 2.000 francs pour une personne seule. En dix ans, le nombre de bénéficiaires fait plus que doubler, de 407.000 en 1988 à plus d’un million en 1998. À son remplacement par le RSA, en 2009, il était versé à 1,2 million de foyers.

– Chirac et le RMA –

Malgré un discours critique sur le RMI, dans lequel il voyait de « l’assistance pure et la négation de l’effort », Jacques Chirac avait voté la mesure et l’a maintenue sous sa présidence. En 2003, le gouvernement Raffarin lui adjoint néanmoins le revenu minimum d’activité (RMA), une aide aux employeurs pour les inciter à embaucher les « Rmistes ».

Pour le président Chirac, le meilleur moyen de lutter contre le chômage des jeunes, c’est de « continuer à baisser les charges qui pèsent sur les entreprises » en « ciblant sur l’embauche des jeunes ». Il plaide d’ailleurs également pour la baisse du coût du travail, notamment sur les emplois peu qualifiés.

– Sarkozy et le RSA –

À peine arrivé au pouvoir en 2007, Nicolas Sarkozy nomme Martin Hirsch haut commissaire aux Solidarités actives afin que celui-ci mette en place une solution pour garantir à toute personne que son revenu ne peut diminuer si elle reprend une activité. La philosophie de la réforme est de faire en sorte que tout retour à l’emploi entraîne une augmentation de revenus. Ceci afin de s’adresser aussi aux « travailleurs pauvres ».

Le président Sarkozy s’était engagé à « réduire d’au moins un tiers en cinq ans la pauvreté ». Cette ambition se heurte rapidement à la crise économique de 2008. En cinq ans, la pauvreté augmente de 0,7 point (Insee, juin 2016).

Voté en 2009, le revenu de solidarité active (RSA) élargit les bénéficiaires aux personnes gagnant moins de 880 euros par mois. Aujourd’hui, 1,8 million de personnes touchent le RSA, pour un montant moyen de 492 euros mensuels. Mais près d’un tiers des personnes éligibles ne le demandent pas.

– Hollande, la prime d’activité et la garantie jeunes –

Sous le quinquennat de François Hollande, les 16-25 ans, inéligibles au RSA, se voient proposer la « garantie jeunes ». Pour bénéficier d’un revenu d’un montant équivalent à celui du RSA, ils doivent accepter des propositions d’emploi ou de formation.

Parallèlement, la prime d’activité est créée par la fusion de la prime pour l’emploi (PPE) et du RSA activité. Ce coup de pouce aux travailleurs modestes connaît un succès grandissant, avec un taux de recours de 70% selon les chiffres de la Caisse nationale d’allocations familiales (novembre 2017).

tpe/lum/bfa/bma