Eau Quézac: un repreneur potentiel jette l’éponge à l’issue d’un CE houleux

ISPAGNAC, 10 mai 2016 (AFP) – Un repreneur potentiel des eaux Quézac, en Lozère, a « jeté l’éponge » mardi lors d’un comité d’entreprise extraordinaire présenté comme « houleux », a-t-on appris de sources concordantes.

Lors de cette réunion, « les négociations ont été rompues et M. Lacaze a jeté l’éponge », a expliqué à l’AFP Pascal Frazzoni pour la CGT.

« Le brouillard s’épaissit à Quézac », commente pour sa part la CFDT dans un communiqué publié mardi. « La réunion du CE extraordinaire s’est tenue ce matin. A l’ordre du jour: présentation des modifications du projet industriel par M. Lacaze ».

Les documents n’ayant été remis qu’hier après-midi (lundi) au cabinet d’expertise, le CE, qui ne pouvait s’exprimer sur ce sujet avant avis des experts, « a demandé de parler du volet social », explique la CFDT. « Aux premières questions sur le volet social, M. Lacaze a abrégé et annoncé qu’il jetait l’éponge et qu’il se retirait de l’achat de l’usine de Quézac », poursuit le syndicat.

Plusieurs participants ont qualifié la réunion de « houleuse ».

Jean-Claude Lacaze s’est pour sa part dit « KO », évoquant « une désillusion lozérienne ». « J’ai eu l’impression d’être reçu comme un voyou », a-t-il ajouté.

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie de Lozère Thierry Julier s’est de son côté dit « furieux », mettant en cause une « mobilisation des élus (locaux t régionaux) qui a conforté le personnel dans une position assez extrême ». Pour M. Lacaze, a assuré le président de la CCI, « la réponse est nette, c’est fini ».

Jean-Claude Lacaze, 60 ans, ancien directeur chez Danone et qui a crée à Toulouse le groupe Nérios, propriétaire des eaux Mont Roucous, destinées aux nourrissons, avait été présenté comme un repreneur possible par Nestlé Waters en mars dernier.

M. Lacaze proposait de « payer cash », sans dévoiler combien et d’investir 300.000 euros pour la rénovation de l’unité de production.

Mais il ne prévoyait de garder que 30 salariés sur 53, pour la plupart en poste dans l’usine d’embouteillage d’Ispagnac, voisine de la commune de Quézac. Ces salariés auraient été payés de 20 à 30% de moins qu’actuellement et auraient perdu leur ancienneté. C’est ce volet qui était fortement contesté par les syndicats et certains élus.

Les salariés de Quézac sont inquiets depuis l’annonce début 2015 de l’intention de Nestlé Waters de vendre.

Nestlé Waters avait présenté un premier repreneur potentiel, Eric Besson, propriétaire des Sources du Pestrin, mais avait mis un terme aux discussions fin mai 2015.

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