Echec de la fusion Siemens-Alstom: les syndicats d’Alstom Belfort « satisfaits »

STRASBOURG, 6 février 2019 (AFP) – Plusieurs syndicats d’Alstom à Belfort ont exprimé mercredi leur « satisfaction » après l’annonce officielle par Bruxelles de son refus du projet de fusion Alstom-Siemens.

Secrétaire CGT du CE d’Alstom Belfort, Pascal Novelin, interrogé par l’AFP, a « salué » une « décision qui n’est pas une surprise », estimant que « la fusion était une opération avant tout financière » et aurait conduit « à une absorption d’Alstom par Siemens ».

Selon lui, « l’Airbus ferroviaire que l’on veut créer peut se faire par la coopération (entre Alstom et Siemens, NDLR) sans aller jusqu’à la fusion ».

Olivier Kohler, délégué CFDT à Alstom Belfort, a également exprimé sa « satisfaction » rappelant que le syndicat « refusait la fusion » en raison de « l’absence de projet industriel ».

« Fusion ou pas fusion ne change pas vraiment la donne car dans les deux cas le concurrent chinois peut présenter des offres 15 à 20 % moins cher », a-t-il observé, estimant qu’Alstom devra « se battre sur d’autres arguments que le prix ».

Se disant également « satisfait », André Fages, responsable de la CFE-CGC à Alstom Belfort, juge, tout comme la CGT, que le projet de « fusion poursuivait avant tout un but financier ».

« Les premiers bénéficiaires en auraient été les actionnaires par le versement de dividendes exceptionnels », a-t-il développé, affirmant que « les 400 millions d’euros de synergies signifiaient en réalité la suppression de 3.000 à 5.000 emplois ».

« Il n’y avait pas de projet industriel clair avec cette fusion », a poursuivi le syndicaliste, faisant valoir qu’Alstom qui « a un carnet de commandes bien garni et n’a pas de dette peut être compétitif tout seul ».

Dans un communiqué, la fédération des travailleurs de la métallurgie CGT (FTM-CGT) a estimé que « les ministres Le Maire et consorts se sont pris une fessée publique » alors que « les organisations (syndicales) françaises et belges » ont toujours dit que le « projet ne satisfait pas aux exigences du droit communautaire de la concurrence ».

Pour la FTM-CGT, « la vraie bataille du ferroviaire de demain va se dérouler en Europe et la coexistence de deux champions mondiaux comme Siemens et Alstom va pouvoir répondre aux attentes du marché sans avoir à créer un monopole ».

« La Commission (européenne) vient de rappeler, comme la FTM-CGT l’a toujours dit, que le péril chinois n’est qu’une contre vérité », s’est félicité le syndicat qui affirme que « la DG concurrence (de la Commission) et sa commissaire sont (d)es visionnaires ».

De leur côté, plusieurs élus LR du Territoire de Belfort, parmi lesquels le maire de Belfort Damien Meslot et le député Ian Boucart, relèvent qu’avec un carnet de commandes de « 38,1 milliards d’euros, un record et ses résultats financiers excellents (…) l’avenir d’Alstom n’est donc pas menacé à court terme ».

« A moyen terme, il appartient au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour assurer l’avenir d’Alstom », ajoutent-ils dans un communiqué commun, souhaitant « la création d’une coentreprise répartie à 50-50 entre Alstom et un partenaire » ou « la création d’alliances industrielles entre des entreprises indépendantes ».

cr-ha/it