ECR, filiale française de fret de Deutsche Bahn, adoucit son plan social

PARIS, 4 juillet 2017 (AFP) – Euro Cargo Rail (ECR), filiale française de fret ferroviaire de l’allemand Deutsche Bahn, a annoncé mardi avoir réduit l’ampleur de son plan social, envisageant supprimer quelque 80 postes de moins qu’initialement annoncé en décembre.

ECR, qui va être recapitalisé à hauteur de 150 millions d’euros par Deutsche Bahn, s’est aussi dit optimiste pour ses perspectives, visant un retour à l’équilibre fin 2018 après avoir enchaîné les pertes en 2015 et 2016.

Le groupe, créé en 2005 et racheté deux ans plus tard par Deutsche Bahn, a annoncé que la majorité des syndicats avaient approuvé début juin les termes du plan social (PSE), ensuite validé par l’administration publique.

ECR avait annoncé en décembre supprimer environ 300 postes, déclenchant le premier plan social et, pour l’heure, le seul du secteur depuis son ouverture à la concurrence en France en 2006.

« On a pu (…) diminuer le nombre de personnes que l’on (devrait) licencier », a dit mardi Gottfried Eymer, PDG d’ECR, lors d’une conférence de presse, le groupe précisant que les licenciements interviendront à partir d’octobre.

Alors que le plan prévoyait initialement 208 suppressions nettes de postes – une fois prises en compte les places déjà vacantes et les créations d’emploi prévues en parallèle -, le chiffre a été abaissé à 126.

Depuis l’annonce du plan, le groupe a pu bénéficier de la réduction d’effectifs partis volontairement. Le PSE s’est fait sur une base de 1.072 employés, alors que le groupe revendiquait 1.171 salariés fin 2016.

« Lorsqu’il y a un plan social, il y a des gens qui partent sans attendre les résultats », a reconnu M. Eymer.

Parmi les 126 suppressions annoncées, une centaine d’employés doivent être reclassés chez des concurrents d’ECR dont, notamment, SNCF Mobilités, héritier de l’opérateur historique, et Ouest Rail, né dans la région Atlantique d’un partenariat entre Millet et Regiorail.

« On est les seuls à avoir fait un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi), mais on pense que ce n’était pas seulement un problème ECR mais (…) du secteur », a jugé M. Eymer.

Parmi les éléments problématiques, il citait la hausse des tarifs imposés par SNCF Réseau ces dernières années et la concurrence du transport routier, en premier lieu après l’abandon de l’écotaxe en 2014.

« Des clients ont compris pourquoi ECR était en crise et sont confiants que cela va s’améliorer », a conclu M. Eymer, citant des contrats avec Novatrans et T3M, spécialistes du ferroutage.

Le PDG, qui a plus largement appelé à un soutien plus franc de la puissance publique française au fret ferroviaire, a détaillé les grandes lignes du redressement d’ECR, tirant les leçons de la période difficile que traverse le groupe depuis trois ans.

« On laisse les activités régionales à notre concurrence », a-t-il expliqué. « Nous, on est là sur les grands axes. Si vous avez 200 trains plutôt que 100 sur un corridor, vous êtes beaucoup plus flexibles. »

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