EDF: le projet Hinkley Point « mieux bordé » qu’attendu (CFDT)

PARIS, 22 avril 2016 (AFP) – Le syndicat CFDT d’EDF a estimé vendredi « mieux bordé » qu’attendu le projet Hinkley Point de réacteurs EPR en Grande-Bretagne mais a souligné que la question de son lancement était « en lien avec la situation générale difficile » de l’électricien, à l’issue d’une réunion avec la direction.

Il a par ailleurs accueilli favorablement l’annonce faite lors du conseil d’administration, selon une source proche de l’entreprise, qu’EDF allait consulter pour avis le comité central d’entreprise (CCE) sur ce projet controversé, comme les élus (CGT, CFE-CGC, FO et CFDT) du CCE l’avaient unanimement réclamé jeudi.

Une délégation d’une dizaine de responsables et militants CFDT, dont le secrétaire général de la fédération FCE-CFDT Dominique Bousquenaud, a été reçue vendredi par la direction d’EDF pour faire le point sur le projet Hinkley Point qui cristallise l’inquiétude des syndicats.

La CGT, la CFE-CGC et FO avaient refusé d’y participer, justement pour protester contre le refus jusqu’à présent de l’énergéticien de soumettre ce projet pour avis au CCE, malgré leurs demandes répétées.

Après cette réunion, « la première impression à chaud est que le projet Hinkley Point en lui-même est mieux bordé que ce que nous percevions jusqu’alors », a déclaré à l’AFP Vincent Rodet, coordonnateur CFDT, en se félicitant d’un « format totalement ouvert » d’échanges avec la direction.

Mais, dans l’attente d’une « analyse approfondie » des informations délivrées, la CFDT estime qu’au-delà du projet lui-même, « la question de son lancement effectif est aussi en lien avec la situation générale difficile du groupe » et le « nécessaire soutien » de l’État, actionnaire à près de 85%, a poursuivi M. Rodet.

La trajectoire financière d’EDF était à l’ordre du jour du conseil d’administration réuni vendredi après-midi.

Le syndicat considère par ailleurs qu’il est « temps de sortir du tunnel actuel trop anxiogène » et de « mobiliser les énergies ». Mais il souligne que cela ne doit pas être « entravé par une dégradation de la politique sociale ».

Il veut aussi rappeler aux politiques les « effets contreproductifs d’un schéma simpliste qu’on essaie de nous vendre: soutien de l’actionnaire contre des sacrifices salariaux », a dit M. Rodet.

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