El Khomri présente un guide du fait religieux en entreprise

PARIS, 7 novembre 2016 (AFP) – La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a présenté lundi aux partenaires sociaux un guide du fait religieux en entreprise, pour accompagner DRH et syndicats face aux demandes croissantes des salariés.

Le « guide pratique du fait religieux dans les entreprises privées », rédigé sous forme de 39 questions-réponses, énonce des principes de base – interdiction de demander sa religion à un candidat, de désobéir à sa supérieure parce qu’elle est une femme, de faire du prosélytisme en entreprise… – et les illustre par des « situations concrètes ».

Selon le ministère, l’idée est née, dans le « contexte post attentat », « d’une demande croissante » des organisations syndicales, patronales, et des DRH, qui avaient « l’impression qu’ils ne disposaient pas des outils leur permettant de répondre à des cas concrets de salariés qui souhaitent avoir un lieu de prière, ou tel ou tel menu à la cantine… »

« Ce n’est pas un guide qui crée des règles nouvelles », mais « un vade-mecum à l’usage du salarié ou du DRH », explique-t-on de même source.

Et « ce n’est pas le constat d’une déferlante », précise-t-on. « Il n’y a ni étude, ni retour qualitatif ou quantitatif qui démontrerait que c’est un problème majeur qui crée une guerre civile dans toutes les entreprises de France et de Navarre. »

Près d’un manager sur deux (48%) est confronté à la question de l’expression des convictions religieuses au travail, et 18% se disent « débordés », selon une étude de l’institut Randstad et de l’Observatoire du fait religieux en entreprise (Ofre) publiée en septembre.

Le guide, rédigé par la direction générale du travail (DGT) en « concertation très étroite » avec les partenaires sociaux, a « vocation à évoluer », indique-t-on au ministère. « Dans quelques mois, nous referons sans doute un point pour voir si des questions nouvelles apparaissent. »

Il pourrait, en outre, évoluer « à la marge » si les représentants des cultes, consultés « la semaine dernière », émettent des « remarques ».

Le guide sera mis en ligne « dans dix jours maximum » sur le site du ministère, mais il n’est « pas prévu à ce stade » de le distribuer à toutes les entreprises. « L’idée, c’est qu’il y ait suffisamment de médiatisation pour que les gens sachent qu’il existe, et que les organisations syndicales et patronales puissent s’en faire le relais au sein des entreprises. »

La CGPME a salué une initiative « positive ». L’organisation patronale considère que « dans l’immense majorité des TPE/PME, le fait religieux n’est pas une préoccupation actuelle ».

Mais même s’il n’y a « pas lieu aujourd’hui de légiférer sur ce sujet au risque de créer des problèmes généraux qui se règlent actuellement au cas par cas », « pour autant, il arrive que des chefs d’entreprise soient désarmés pour faire face à certaines situations », poursuit dans un communiqué la CGPME.

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